BNS: Les petites affaires des Hildebrand
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BNSLes petites affaires des Hildebrand

Les transactions de devises controversées de la famille du président de la BNS Philipp Hildebrand ont été révélées fin 2011. Chronologie.

Le Ministère public zurichois «étudie» le cas du président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand.

Le Ministère public zurichois «étudie» le cas du président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand.

Rappel des principales étapes de l'affaire Hildebrand.

10 mars 2011: achat de 1,173 million de dollars américains, valant 1,1 million de francs après la vente d'une maison en Suisse.

17 mars: la BNS confirme sa politique d'expansion monétaire. Le cours du dollar plonge de 0,94 à 0,92 francs jusqu'à la fin du mois. «L'évolution du cours a donc été désavantageux pour Philipp Hildebrand», écrit le cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC) dans son rapport d'expertise.

15 août: la femme de Philipp Hildebrand, Kashya Hildebrand, achète 504'000 dollars américains pour 400'000 francs. Vingt milles dollars ont été acheté pour le compte de leur fille. Selon le rapport de PwC, Philipp Hildebrand n'a pas eu connaissance de la commande.

6 septembre: la Banque nationale instaure un taux plancher de 1,20 franc pour un euro.

4 octobre: vente de 516'000 dollars, équivalant à 475'000 francs, à un cours de 0,92 francs dans le cadre de l'achat d'un appartement. «L'évolution du cours du dollar depuis l'achat du 10 mars 2011 jusqu'à la vente était désavantageuse pour Philipp Hildebrand», a indiqué PwC, ajoutant que la transaction n'a pas violé le règlement. Le gel de six mois pour ce type de transaction a également été respecté.

11 novembre: rencontre entre un collaborateur de la Banque Sarasin et le conseiller national UDC Christoph Blocher, organisée par un avocat proche de l'UDC.

15 décembre: Christoph Blocher informe le Conseil fédéral de transactions suspectes réalisées dans l'entourage privé du président de la BNS. Ce dernier informe le Conseil de banque et met à disposition des experts ses rapports financiers, qui sont vérifiés par PwC et le Contrôle fédéral des finances.

21 décembre: fin de l'expertise, qui confirme qu'il n'y a pas eu d'abus informations privilégiées. Les experts ont eu accès à l'ensemble des transactions bancaires de Philipp Hildebrand et de sa famille pour l'année 2011.

22 décembre: le Conseil de banque est informé des résultats du rapport.

23 décembre: séance spéciale du Conseil fédéral. La BNS informe que les rumeurs sur un enrichissement illégal de Philipp Hildebrand sont fausses.

1er janvier 2012: l'affaire sort dans la presse. Le collaborateur de la Banque Sarasin se rend à la police cantonale zurichoise.

4 janvier: Philipp Hildebrand est accusé par la «Weltwoche» de délit d'initié. La BNS rend public son règlement interne et le rapport d'expertise de PwC. (ats)

Le Ministère public «étudie» le cas sans en dire davantage

Le Ministère public zurichois «étudie» le cas du président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand. Il refuse toutefois d'en dire davantage. L'autorité d'enquête communiquera «dès que les conditions légales le permettront», indique à l'ats le procureur général Martin Bürgisser.

«On ne peut pas en dire plus pour l'instant», ajoute jeudi matin le magistrat. Il n'exclut toutefois pas que la situation puisse changer durant la journée.

Philipp Hildebrand doit s'expliquer jeudi après-midi au siège de la BNS à Zurich face aux médias. Le magazine «Weltwoche» l'accuse d'avoir réglé entre mars et octobre 2011 plusieurs achats et ventes de dollars et euros à travers la bourse de devises Forex. L'article publie l'extrait d'un relevé de compte de la Banque Sarasin au nom du président de la BNS.

Un employé de la Banque Sarasin, sise à Bâle, a également déposé plainte contre le président de la BNS pour violation de la loi sur les bourses. On ignore si c'est le même qui a transmis les relevés de comptes à un avocat proche de l'UDC. Ce dernier s'est dénoncé à la police le 1er janvier.

Egalement contacté jeudi matin par l'ats, le Ministère public de Bâle-Ville a refusé de commenter l'affaire. Mercredi, la BNS a réaffirmé son soutien envers son président sur la base des audits menés par le cabinet PricewaterhouseCoopers et le Contrôle fédéral des finances. Ces derniers avaient conclu qu'aucune transaction illicite n'avait été opérée.

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