Les pièges d'une mixité sociale incantatoire
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Les pièges d'une mixité sociale incantatoire

La mixité sociale: voilà une idée noble, un idéal vers lequel la ville devrait tendre, synonyme de mieux vivre-ensemble.

Mais comment se traduit dans la réalité ce souci vertueux des urbanistes, des architectes et des responsables de l'aménagement des villes? S'agit-il d'une mixité alibi? Qui en profite réellement?

Laurent Matthey et Yves Bonard, responsables du Laboratoire du droit à la ville des Urbanités, questionnent le caractère « incantatoire » de la mixité sociale, non pas le principe en tant que tel. "En décrétant la mixité, on ne crée pas forcément du lien social. Cela ne suffit pas de mettre des gens en co-présence. Il faut des mesures d'accompagnement et réfléchir sur le long terme", explique Yves Bonard.

L'exemple à ne pas suivre se trouve dans certains quartiers populaires en France réhabilités pour attirer de meilleurs contribuables. Ces quartiers ont connu une gentrification (du mot anglais gentry, petite noblesse) : une boboïsation qui a eu pour effet de fabriquer une mixité sociale éphémère, conduisant in fine à l'éviction des populations les moins aisées. Un écueil que les nouvelles réalisations type écoquartiers doivent éviter.

Alexandre Habay/RSR

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