01.12.2019 à 06:05

Mise en scène de plantes

Les «plantfluenceurs» envahissent Instagram

Quand Instagram découvre la plante en pot. Les «plantfluenceurs» postent des photos et des vidéos de jungles intérieures sur les réseaux sociaux.

de
Daniela Gschweng
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Depuis peu, fini les photos de ses propres lèvres, cils ou exploits sportifs sur Instagram. Celles-ci ont laissé place à des photos de plantes vertes.

Depuis peu, fini les photos de ses propres lèvres, cils ou exploits sportifs sur Instagram. Celles-ci ont laissé place à des photos de plantes vertes.

Instagram / @houseplantclub
Et oui, vous avez bien lu. Les fameux plantfluenceurs (association des mots «plante» et «influenceur») ne publient que des photos de plantes en pots, de buissons et d'arbrisseaux.

Et oui, vous avez bien lu. Les fameux plantfluenceurs (association des mots «plante» et «influenceur») ne publient que des photos de plantes en pots, de buissons et d'arbrisseaux.

Instagram / @houseplantjournal
Ce qui est frappant, c'est qu'on voit très rarement des fleurs sur les photos. La plupart du temps, il s'agit de plantes vertes.

Ce qui est frappant, c'est qu'on voit très rarement des fleurs sur les photos. La plupart du temps, il s'agit de plantes vertes.

Instagram / @houseplantjournal

Pour marquer des points sur les réseaux sociaux, il faut désormais afficher beaucoup de verdure. Qu'il s'agisse de plantes à grandes feuilles, de fougères, de cactus ou de succulentes, tout le monde se met au vert et fait pousser des plantes en abondance. Après les #petfluenceurs, ces internautes qui prennent la pose avec leurs animaux domestiques, voici venus les #plantfluenceurs.

Les heureux jardiniers d'appartement vont même jusqu'à prendre la pose avec des ficus, des yuccas et des philodendrons qui, il y a quelques années encore, étaient considérés comme infiniment ringards.

#monstermonday et autres hashtags de plantes

Sous les hashtags #Monsteramonday ou encore #Philodendronfriday, on trouve de véritables jungles intérieures. Les salles de bain prennent des airs de serres, le lierre envahit les placards de cuisines et sur les étagères, les plantes ont remplacé les livres.

«Plant parents» (les parents de plantes), qui tiennent des blogs sur l'entretien des plantes et traînent à des foires sur le jardinage, sont les stars du milieu.

Beaucoup de feuillage, peu de fleurs

Les plantes aux grandes feuilles ou à motifs graphiques comme les monsteras, les sansevieras ou les pileas occupent le haut du podium, tout comme les succulentes et les cactus.

Les plantes ne purifient rien

L’idée selon laquelle un végétal en pot permet d’assainir son logement ne se vérifie pas.

Ce qui est frappant sur les photos, c'est qu'on n'y voit quasiment aucune fleur. La dernière mode, ce sont les «moss balls», ces petites boules de mousse, des algues d'un vert très vif qui poussent sous l'eau et ne nécessitent que très peu de lumière.

Une mode venue des États-Unis

Comme souvent, la mode pour la décoration vivante vient des États-Unis. Tout a commencé il y a trois, quatre ans, lorsque les milléniaux amoureux de nature, qui passent la majeure partie de leur temps en intérieur, se sont mis à faire pousser des plantes dans leurs appartements et à en poster les photos sur les réseaux sociaux. Entre-temps, des sites tels que «House plant journal» comptent des centaines de milliers de followers.

De nombreux plantfluenceurs ont depuis longtemps commercialisé leur loisir en vendant des pots de fleurs et autres sécateurs, en expédiant des plantes et en écrivant des ouvrages. D'après un site de jardinage, les moins de 35 ans ont acheté près de 25% des pots de fleurs vendus aux États-Unis l'année dernière. En Suisse, les ventes ont également augmenté.

La mode des plantes

Le phénomène a même surpris les professionnels, car la mode des pots de fleurs est également créée, testée, puis lancée en partie des années auparavant. Les plantes doivent s'accorder avec les meubles et les peintures qui seront à la mode la saison suivante.

Il faut les cultiver et les importer. Les plantfluenceurs chamboulent tout, car la moindre trouvaille au bord de la route peut devenir la prochaine plante à la mode.

La vague verte déferle dans nos salons

C'est en tous cas plus sensé et plus écologique que de frimer avec la dernière destination de vacances ou avec une grosse voiture. Une plante n'émet pas de gaz à effet de serre et ne se dégrade pas en microplastiques. Les plantes en pot sont durables, écologiques et ont un petit air rétro.

À l'instar de la monstera, par exemple, qui avec ses énormes feuilles, trônait déjà dans nos intérieurs dans les années 1960 et 1970. S'il a récemment été prouvé que les plantes ne purifiaient pas autant l'air de nos intérieurs que la simple aération, il n'en demeure que le vert offre un sentiment de bien-être.

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