Actualisé 11.04.2019 à 22:54

GenèveLes policiers de Carouge iront se coucher plus tôt

Les agents ne patrouillent plus jusqu'à l'aube depuis le 1er avril. La commune veut une plus grande présence de jour.

von
Léonard Boissonnas
Les APM seront plus visibles sur le terrain la journée.

Les APM seront plus visibles sur le terrain la journée.

Keystone/Martial Trezzini

Les rondes jusqu'à 3h du matin la semaine et jusqu'à 6h le week-end, c'est fini pour la vingtaine d'agents de la police municipale (APM) de Carouge. Depuis le début du mois, ils patrouillent désormais jusqu'à 1h30 du lundi au mercredi, jusqu'à 2h30 le jeudi et jusqu'à 3h le vendredi et le samedi. Une décision qui découle d'une analyse des besoins sur le terrain.

Des statistiques sur la période de mi-2016 à fin 2017 ont montré que les APM étaient plus sollicités avant ou autour des heures de fermeture des bistrots qu'après, explique Anne Hiltpold, conseillère administrative chargée de la sécurité: «En fin de nuit, on faisait davantage de maintien de l'ordre comme des rixes, qui est du ressort de la police cantonale, que de la police de proximité, comme les problèmes de tapage nocturne.» De plus, après 3h du matin, il y a très peu d'appels d'habitants, un par week-end en moyenne, relève la magistrate PLR: «A un moment, il faut fixer des priorités, souligne-t-elle. On a préféré revoir cet horaire pour avoir plus d'agents présents et visibles en journée.»

Economies marginales

L'élue assure que l'objectif de cette réorganisation n'était pas d'ordre financier: «On a regardé les économies qui pourraient en découler, mais c'est à la marge, indique-t-elle. Ce n'était pas le but recherché.»

Les nouveaux horaires des APM carougeois n'impacteront pas la police cantonale: son dispositif prévoit en effet un arrêt à minuit de l'activité des polices municipales. De son côté, le syndicat des polices municipales genevoises (SPMG) «salue» la décision de la commune de Carouge: «La nuit, le travail de policier de proximité, cœur de métier des APM, a peu de sens, relate le SPMG. La population qui occupe le domaine public est différente, les problématiques rencontrées le sont aussi.» Le syndicat rappelle que les APM «ne sont ni équipés ni formés pour effectuer ce travail nocturne» qui les voit être régulièrement confrontés à des violences ou débordements.

Aucun problème pour les habitants

Pour l'Association des habitants du Vieux-Carouge, l'horaire revu ne pose «aucun problème aux gens concernés», affirme sa présidente Marie-Françoise d'Anglemont de Tassigny: «Ce n'est plus comme avant, quand des gens buvaient sur la place du Temple, par exemple, se félicite-t-elle. Il n'y a plus du tout ce genre de choses, en tout cas à l'heure actuelle.» Les autorités carougeoises, elles, tireront un bilan «en temps voulu et en fonction des plaintes ou non.»

Moins fréquentée

La vie nocturne carougeoise a évolué ces dernières années, remarque Anne Hiltpold: la clientèle en soirée s'est notamment déplacée hors du territoire de la commune, comme à la rue de l'Ecole-de-Médecine, en Ville de Genève. De plus, la place du Marché, devenue plus familiale avec la zone piétonne, est un peu moins une zone de rencontres nocturnes qu'avant. Enfin, «peut-être que la présence de la police municipale a joué un rôle préventif et qu'on est arrivé à une situation où il y avait moins d'appels», avance la conseillère administrative.

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