Actualisé 30.09.2011 à 10:18

FranceLes policiers fliqués sur un site web

Le site français Copwatch Nord-IDF, dédié à la surveillance citoyenne des forces de l'ordre, s'attire les foudres de la profession.

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Lancé il y a quelques jours en France, le site web Copwatch Nord-IDF, n'a pas tardé à faire réagir les syndicats de la police du pays et le Ministère de l'Intérieur, qui a annoncé le dépôt de deux plaintes contre lui, révèle le site OWNI. Inspiré par un mouvement né en 1990 aux Etats-Unis, Copwatch invite les citoyens à surveiller et à photographier les policiers des villes de Lille, Calais et Paris - Ile de France. Le but: empêcher les abus par un véritable flicage en ligne.

Des listes de fonctionnaires assorties de photos, de descriptions et parfois de commentaires sont ainsi accessibles à tout un chacun sur les pages du site. On peut par exemple y lire qu'un policier d'intervention de Lille est «le plus violent» de la compagnie.

«Répression de la police nationale»

Les personnes contribuant à enrichir la base de données sont unis par «la répression de la police nationale», explique au site OWNI, le porte-parole de Copwatch, qui se présente sous le pseudonyme de Paul. «On veut détruire tout ce que la police dit juste pour se donner une bonne image».

Et pour ce faire, ils n'hésitent pas à infiltrer les réseaux sociaux comme Facebook, en récupérant les photos figurent sur leur site de surveillance: «Nous avons créé des faux groupes Facebook pour obtenir des identités. Nous sommes devenus amis sur Facebook avec de nombreux policiers et pouvons ainsi voir toute leur vie, leurs amis», expliquent le militant, dont le site se veut également être le pourfendeur des «liens intimes» entre la police du Nord et l'extrême-droite.

Les syndicats ripostent

Pour les syndicats de la police, le «copwatching» n'est pas le bienvenu et le site joue inutilement les agitateurs: «Nous n'avons jamais couvert une quelconque bavure des forces de police et nous n'en protégerons jamais. S'il y a des faits avérés nous les sanctionnerons», déclare notamment Denis Jacob, secrétaire général du syndicat policier «Alliance».

Un avis partagé par «Unité SGP Police», pour qui le système judiciaire suffit à traiter les plaintes: «Certains pensent que ce sont des intentions nobles que de surveiller les policiers. Pas nous. Si ces gens ont subi des violences policières, ils n'ont qu'à aller porter plainte. La justice est là pour prendre les plaintes et décider de l'acquittement ou non du policier concerné».

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