16.11.2020 à 18:23

GenèveLes pompes funèbres genevoises travaillent sans relâche

Le service des pompes funèbres tourne à son maximum de capacité avec 18 incinérations par jour. Les chambres froides sont pleines, certains corps doivent même être transférés à la morgue des Hôpitaux universitaires.

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Patron de la société privée de pompes funèbres Murith SA, Jean Murith confirme la situation exceptionnelle traversée par le canton de Genève: «J’ai un recul de 50 ans et je n’ai jamais vu ça» (image d’illustration).

Patron de la société privée de pompes funèbres Murith SA, Jean Murith confirme la situation exceptionnelle traversée par le canton de Genève: «J’ai un recul de 50 ans et je n’ai jamais vu ça» (image d’illustration).

KEYSTONE

Le service des pompes funèbres de la Ville de Genève ne sait plus où donner de la tête à cause de la crise sanitaire. Les places dans les chambres froides des cimetières de Saint-Georges et des Rois sont toutes occupées et des corps ont dû être transférés à la morgue des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Le service procède à 18 incinérations par jour, soit le maximum de la capacité des 3 fours, indique lundi Manuelle Pasquali de Weck, la porte-parole du département municipal de la cohésion sociale et de la solidarité. Entre le moment du décès et les obsèques, il se passe actuellement une dizaine de jours, contre 4-5 jours en temps normal.

Patron de la société privée de pompes funèbres Murith SA, Jean Murith confirme la situation exceptionnelle traversée par le canton de Genève: «J’ai un recul de 50 ans et je n’ai jamais vu ça». Selon lui, il y a un doublement de la mortalité actuellement. Son entreprise est passée de 3 à 7 services par jour.

Beaucoup de décès Covid

Toujours selon Jean Murith, la proportion des défunts infectés par le Covid-19 s’élève à environ 70%. Murith SA pratique la thanatopraxie, une méthode d’embaumement des cadavres qui permet de conserver les corps sans devoir les réfrigérer. Les problèmes de place en chambres froides ne se posent ainsi pas.

Ailleurs aussi, la pandémie a bouleversé le travail des pompes funèbres. «Nous faisons face à une augmentation des décès Covid-19 et non-Covid depuis deux à trois semaines», explique Jérôme Voisard, entrepreneur de pompes funèbres dans le canton du Jura. Mais la situation reste sous contrôle, ajoute-t-il.

«Notre personnel travaille en flux tendu en effectuant de très longues journées», explique encore M. Voisard. Les hôpitaux et les homes avertissent l’entreprise quand il est nécessaire de procéder aux levées des corps afin de ne pas arriver en situation critique dans les morgues de ces institutions.

Même les weekends

Le crématoire St-Léonard de Fribourg, seul crématoire privé de Suisse, n’est pour l’instant pas débordé, mais l’activité augmente très rapidement. «On travaille non-stop pendant 21 heures par jour, avec deux fours, et même les samedis et dimanches», note son responsable Jean-Robert Krebs. Ce dernier reconnaît que «ça tourne à fond».

Le crématoire a refusé des demandes d’autres cantons, notamment. «On veut pouvoir continuer à incinérer les corps dans les 24 heures après que les pompes funèbres nous les ont amenés. C’est une question d’éthique», ajoute Jean-Robert Krebs.

«Par vague»

«Nous ne sommes pas submergés, mais nous travaillons deux fois plus», explique Virginie Barras Schelker, de l’entreprise Pompes Funèbres Associées, à Sion. Le rythme est «par vague». Il est plus soutenu que d’habitude, «mais cela reste gérable».

Chaque entreprise de pompes funèbres dispose d’une morgue privée. En cas de demande trop forte, il est possible d’utiliser la morgue de la Ville de Sion.

À Monthey, la situation est également sous contrôle. «Oui, nous avons plus de travail, mais nous arrivons à suivre la demande des familles», indique Henri Coquoz, des pompes funèbres du même nom.

(ATS/NXP)

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