06.04.2020 à 19:43

Coronavirus à Genève

Les pompiers changent de tactiques, «mais on tient»

La pandémie a des répercussions sur les sapeurs professionnels, qui ont notamment dû adapter leurs stratégies d'intervention.

de
David Ramseyer
SIS - Ville de Genève

Depuis l'introduction des mesures de semi-confinement, «la charge opérationnelle reste normale», juge Nicolas Schumacher, commandant du Service d'incendie et de secours (SIS) de Genève. Et cela, même si les pompiers enregistrent une hausse des opérations de soutien sanitaire, «par exemple pour évacuer via nos échelles des personnes souffrantes, et ce, à la demande des ambulanciers». Mais l'officier rassure: «On tient!» Il précise que «de nombreux sapeurs volontaires sont également engagés de manière permanente sur plusieurs sites, dans le cadre de cette crise».

Les exigences de distanciation sociale ont cependant obligé les professionnels du feu à adapter leurs méthodes sur le terrain. Notamment lorsqu'un sinistre éclate dans un immeuble d'habitation. Dans ces circonstances, le train d'intervention - soit le nombre de véhicules et d'effectifs engagés - est plus conséquent qu'avant. «Avec le confinement, il y a évidemment davantage de monde dans les appartements, ce qui nous a poussés à revoir nos moyens à la hausse, dans la perspective par exemple d'une évacuation d'immeuble», détaille le commandant Schumacher.

Opérations de secours revisitées

La gestion des nids de blessés a également dû être repensée. «Au lieu de concentrer les gens en un seul endroit, on multiplie les zones de traitement; ou alors, on disperse les victimes sur un périmètre plus large, précise le patron du SIS. Si c'est impossible, les personnes secourues sont alors toutes équipées de masques de protection.» Autre changement de pratique: les cagoules avec filtre, fournies à certains sinistrés lors d'évacuations pendant un incendie, pouvaient être employées plusieurs fois au cours d'une même opération. Désormais, elles sont à usage unique, pour éviter les contaminations.

La vie en caserne subit également les conséquences de la pandémie. Poignées de portes, barres verticales pour rejoindre les véhicules ou encore boutons d'ascenseur, «tout est désinfecté plusieurs fois par jour», précise le SIS. En cuisine, les menus sont préparés avec masques et gants, le réfectoire a été agrandi et les horaires de repas décalés pour respecter les distances de sécurité. Enfin, deux étages de l'école voisine de la caserne du SIS, à Plainpalais, ont été réquisitionnés. Ils accueillent désormais le poste de commandement de gestion de la crise, qui comporte notamment la cellule sapeurs-pompiers du dispositif ORCA (ORganisation en cas de CAtastrophe ou de situation exceptionnelle).

«Les situations sont complexes, mais nos priorités – protéger la population – restent inchangées, appuie le commandant Nicolas Schumacher. Nos effectifs sont suffisants pour accomplir au mieux nos missions.»

Davantage de volontaires

Côté vaudois, la pandémie a aussi eu des conséquences pour les pompiers. Le nombre d'interventions a «fortement diminué. Cela s'explique par le ralentissement général des activités causé par les mesures de semi-confinement», selon Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de l'État-major cantonal de conduite. Plus de gens chez eux, c'est aussi davantage de sapeurs volontaires disponibles, relève par ailleurs le communicant. Ce dernier note enfin que des masques et des gants supplémentaires ont spécialement été livrés aux pompiers. «Parmi les non-professionnels, il y a eu une certaine inquiétude concernant leur protection face aux risques de contamination. Nous avons pu les rassurer.»

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