Suisse - Les pompiers craignent d’être en retard à cause des zones 30 km/h
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SuisseLes pompiers craignent d’être en retard à cause des zones 30 km/h

Les services de secours de Zurich et Winterthur craignent que les sapeurs volontaires mettent beaucoup plus de temps à arriver à la caserne, où ils doivent s’équiper avant de pouvoir partir en intervention.

Avant d’arriver sur le lieu d’un sinistre, les pompiers volontaires doivent faire le détour par la caserne. Et ceux qui y vont en voiture doivent bien évidemment respecter les règles de circulation.

Avant d’arriver sur le lieu d’un sinistre, les pompiers volontaires doivent faire le détour par la caserne. Et ceux qui y vont en voiture doivent bien évidemment respecter les règles de circulation.

Pompiers ZH

Winterthour s’est fixé pour objectif de généraliser, d’ici à vingt ans, les zones 30 km/h dans presque toute son agglomération. Zurich a choisi de prendre le même chemin et d’autres municipalités y songent. Si les transports publics de ces villes s’inquiètent de voir leurs horaires chamboulés, les services de secours ont des craintes encore plus fortes, dont les pompiers, qui tirent la sonnette d’alarme.

«Le développement de la circulation dans les zones urbaines est d’un des plus grands défis pour les sapeurs-pompiers de milice», affirme Roland Gfeller, commandant des pompiers de Thoune, dans «Blick». Il raconte ainsi comment des pompiers volontaires ont eu de la peine à arriver à temps pour des interventions. Car, contrairement aux professionnels qui s’y trouvent en permanence, ces miliciens doivent en premier lieu se rendre à leur caserne pour pouvoir s’équiper, avant de se rendre sur les lieux d’un sinistre. Et ils doivent évidemment le faire en respectant les limitations de vitesse, «que le danger pour lequel ils sont appelés soit important ou pas», souligne Roland Gfeller.

A noter que 98% des 82’000 sapeurs-pompiers en Suisse sont des miliciens.

Un casse-tête

Theo Honermann, commandant des pompiers de Lucerne, est lui aussi sceptique. «En journée, le 30 km/h n’est pas si pénalisant; dans le centre, on ne peut de toute façon pas rouler vite. En revanche, de nuit, c’est une autre affaire.» Son collègue d’Olten (SO), Philipp Stierli, estime que les délais pour se rendre sur les lieux d’un sinistre vont s’allonger: «Plus les déplacements sont longs, moins nous avons de temps pour nous changer et partir sur le lieu d’intervention.»

Pour faire face à ces nouvelles contraintes liées aux limitations de vitesse en ville, il faudra peut-être construire de nouvelles casernes décentralisées. Mais la tendance à la généralisation du 30 km/h en ville pourrait aussi impliquer des changements d’organisation. «Dans certains cas, il faudra peut-être faire une croix sur le système de milice et n’employer plus que des professionnels ou des semi-professionnels», estime Philipp Stierli.

(jbm)

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