Les stations-service genevoises s’en tirent mieux que les tessinoises
Publié

MobilitéLes pompistes genevois s’en tirent mieux que les tessinois

L’essence subventionnée par les pays européens ne séduit pas pareillement les clients de toutes les régions du pays.

par
Jérôme Faas
Chez Ben S., à Perly (GE), les clients râlent, mais pas trop.

Chez Ben S., à Perly (GE), les clients râlent, mais pas trop.

20 min/jef

«Je ne peux pas dire que je viens en France pour lutter contre la vie chère, mais je suis là, alors je profite. Et c’est vrai, on commence à réfléchir», lâche ce Genevois faisant le plein à l’Intermarché de Saint-Julien (F), à quelques kilomètres de la Suisse. Le litre de sans-­plomb 95 y coûte 1.83 euro (1 fr. 89), soit 15 centimes de moins en moyenne que son prix à la frontière genevoise.

La différence correspond à la subvention qu’accorde depuis le 1er avril, et pour quatre mois, l’État français pour lutter contre l’explosion des prix: 18 ct. d’euro le litre (15 ct. hors taxes). Pas de quoi torpiller les stations-services du bout du lac, contrairement à celles du Tessin. Ce lundi, la presse rapportait une chute du chiffre d’affaires de 90% de certains commerces entre Lugano et Chiasso, l’Italie ayant baissé ses taxes, creusant un écart de 30 ct. par litre avec la Suisse.

«On a même des Français, confie-t-on chez Shell, à Perly (GE). Avec l’appli, ils peuvent avoir 9 ct. de rabais. Nos clients sont assez contents; la subvention française, ils n’en parlent pas.» Le ressenti est le même partout: une petite défection existe, du fait à la fois de la cherté générale du carburant, de la parité franc-euro et de la subvention, mais rien de terrible. Chez Ben S., on résume: «Ça râle un peu, des clients nous disent acheter en France, mais on vend quand même.» À l’accueil de l’Intermarché, on confirme: «La subvention n’a eu que peu d’effets, contrairement à la parité franc-euro, qui dure depuis plusieurs mois. C’est là qu’on a vu les clients suisses arriver.»

Une hypothèse explicative

Porte-parole de Tamoil, Stéphane Trachsler confirme le ressenti des pompistes. L’essence française subventionnée n’a pas vidé les stations-services genevoises: «Le recul de fréquentation n’est pas vraiment dramatique», contrairement au Tessin, très touché par la baisse des taxes italiennes. Comme l’association des exploitants de shops de stations-services suisses, il ne s’explique pas la différence entre les deux régions. Mais il imagine que les écarts de prix moindres entre Genève et la France (15 ct.) qu’entre le Tessin et la Lombardie (30 ct.) jouent sans doute un rôle.

Ton opinion

32 commentaires