Genève: «Les poursuites pleuvent sur les pauvres: ça suffit!»
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Genève«Les poursuites pleuvent sur les pauvres: ça suffit!»

Alors que la crise liée au Covid fait rage, les syndicats veulent soulager ceux tombés dans la précarité. Ils demandent à l’Etat de suspendre les poursuites, tandis que des privés sont priés d’annuler leurs créances.

par
David Ramseyer
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Ce mardi 23 février 2021, la CGAS a manifesté à la sortie de l’Office cantonal des poursuites pour exiger un assouplissement des mesures en faveur des plus démunis.

Ce mardi 23 février 2021, la CGAS a manifesté à la sortie de l’Office cantonal des poursuites pour exiger un assouplissement des mesures en faveur des plus démunis.

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Les syndicat ont notamment distribué des copies de commandements d’annuler. Ils demandent à l’Etat de suspendre les poursuites qui touchent les plus précarisés, et aux banques, régies ou encore assurances, de renoncer à leur créances. 

Les syndicat ont notamment distribué des copies de commandements d’annuler. Ils demandent à l’Etat de suspendre les poursuites qui touchent les plus précarisés, et aux banques, régies ou encore assurances, de renoncer à leur créances.

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Alignés sur le trottoir, ce mardi matin, une dizaine de syndicalistes a distribué aux personnes qui se rendaient à l’Office cantonal des poursuites (OPC) des copies de commandements d’annulation de dettes. Un document sans valeur officielle, évidemment, mais qui se voulait symbolique, en ces temps de restrictions Covid. «À l’Etat, aux propriétaires, aux régies, aux assureurs et aux banques de faire leur part d’effort» pour lutter contre la crise qui frappe durement ceux déjà fragilisés économiquement, a clamé la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS). Cette dernière a demandé aux autorités de suspendre les poursuites qui frappent les plus démunis, comme cela avait été le cas lors du confinement du printemps passé. Selon les organisations de défense des travailleurs, plusieurs secteurs privés devraient aussi renoncer à leurs créances lorsqu’elles concernent ce même type de population, engluée dans les difficultés financières.

«Les dettes pleuvent sur les personnes précarisées, comme les employés de l’économie domestique, certains indépendants, les intermittents du spectacle ou encore les étudiants, a illustré Paolo Gilardi, du Syndicat des services publics. Ils peinent déjà à acheter de quoi manger; et on exige d’eux qu’ils règlent en parallèle leurs dettes? Ça suffit, c’est impossible pour l’instant!» Même son de cloche chez cette jeune femme, abordée par les manifestants à sa sortie des locaux de l’OCP: «À situation inédite, solution inédite. On est dans la m…, ce n’est pas aux plus pauvres de payer.»

Cette action était la première d’une série programmée jusqu'à samedi, avec en toile de fond la votation du 7 mars prochain sur la Loi cantonale sur l’indemnisation pour perte de revenus liée aux mesures de lutte contre le coronavirus. Ces opérations visent, selon la CGAS, à proposer «une sortie de crise plus sociale et plus solidaire». Prochaines cibles: les sanctions contre les chômeurs qui n’ont pas déposé suffisamment de demandes de candidatures ou encore la situation de l’économie domestique.

Exigences difficiles à réaliser

Si elle dit «encourager le dialogue entre propriétaires et locataires», en cette période difficile, la Chambre genevoise immobilière (CGI) estime que c’est à l’Etat de soutenir les particuliers. «Plusieurs aides existent pour cela. Certaines datent d’avant la période Covid, d’autres ont été créées pour l’occasion, relève Christophe Aumeunier, secrétaire général de la CGI. Il faut éviter un effet domino dans l’économie. Un propriétaire a aussi des frais.» Le responsable affirme par ailleurs que, «pour l’instant, nous n’enregistrons pas de hausse des retards de paiements de loyers.» De son côté, le Département genevois des finances indique que suspendre les poursuites - ainsi que le réclament les syndicats - n’est pas de son ressort. Il s’agit d’une loi fédérale, note le Canton. Ce dernier relève par ailleurs que «si la situation du débiteur change, notamment en cas de perte d’emploi, il peut s'adresser à l'OCP pour que son cas soit revu».

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721 commentaires
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Pierre Maudit

24.02.2021, 17:39

Je vous demande d arrêter d être pauvre!

Albeeeert l artiste

24.02.2021, 17:24

J'ai tapisser mon salon avec mes poursuites il me manque encore deux poursuites pour finir mon chef-d'œuvre ,

Colmatonslabrêche

24.02.2021, 15:51

Il faut déterminer les dettes dues au Covid et les autres dettes datant d'avant Covid. Beaucoup de monde s'est endété pour consommer des loisirs et vivre au-dessus de ses moyens. Il faut les aider mais pas pardonner ces dettes. Il faut les congeler et les faire payer par la suite. Ce n'est pas aux fourmis de payer pour les cigales. Pour éviter tant de confusion, un petit salaire de base universel payé à travers d'une imposition des robots qui prennent de plus en plus de place dans l'économie. Plus d'assurance chômage, plus d'indémnités en tout genre. Plus de travail au noir. Tout le monde déclaré. Les techniciennes de surface, employées par des privés au noir, devraient maintenant être indémnisées par leurs employeurs pas par la communauté par le biais de nos impôts. Le fossé entre très, très riches et les pauvres continue de se creuser et il est temps de commencer à colmater la brêche avant d'y tomber tous dedans...