Actualisé 27.10.2009 à 17:02

RéactionsLes prévenus de l'Angolagate entre soulagement et consternation

Les six relaxes et trente-six condamnations prononcées mardi par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire dite de l'Angolagate ont provoqué la satisfaction de certains et la consternation d'autres prévenus.

Pierre Falcone:

«Le tribunal a cru devoir condamner aujourd'hui Pierre Falcone, c'est à dire donner une vision personnelle à un dossier qui est éminemment politique», s'est insurgé son avocat, Me Emmanuel Marsigny. «En portant la responsabilité sur le seul Pierre Falcone, en ne cherchant pas d'autres responsabilités, notamment auprès des instances politiques, alors que l'information a démontré que l'ensemble des services de l'Etat étaient parfaitement informés du rôle de mandataire de Pierre Falcone, le tribunal a donné une fausse lecture à ce dossier», a-t-il ajouté, tandis que son client s'éloignait entre plusieurs gendarmes.

«Il est évident que nous allons immédiatement interjeter appel et déposer une demande de mise en liberté», a encore insisté Me Marsigny. «M. Falcone est stoïque et sûr de son bon droit. Il a toujours déféré à l'ensemble des convocations et il va continuer à se battre dans le respect du droit et des moyens mis à sa disposition», a-t-il ajouté en parlant de celui qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt international depuis sa libération de prison en 2001 et qui a été nommé représentant de l'Angola auprès de l'UNESCO, se prévalant à ce titre d'une immunité diplomatique écartée par la justice.

Arcadi Gaydamak:

«C'est terrible», a simplement déclaré Me Pierre Haïk, l'avocat de l'homme d'affaires russo-israélien Arcadi Gaydamak, également condamné à six ans ferme. Réfugié en Israël depuis des années et sous le coup d'un mandat d'arrêt international, M. Gaydamak va également faire appel, a-t-il précisé.

«J'étais privé de passeport depuis dix ans. C'est très dur mais je suis personnellement soulagé», a commenté pour sa part l'écrivain à succès Paul-Loup Sulitzer, en jean et basket, blazer et cravate. «Je suis resté dix ans sans pouvoir faire d'affaires, ni rien. Bien sûr, sur le plan des droits de l'Homme, je suis un peu surpris», mais «aujourd'hui j'en ai assez», a-t-il ajouté devant les caméras. «Je trouve ce jugement très dur, mais je ne vais pas faire appel».

Jean-Christophe Mitterrand:

Visiblement soulagé, le fils de l'ancien président de la République, Jean-Christophe Mitterrand, s'est félicité de sa relaxe pour complicité de trafic d'armes, son principal cheval de bataille. «Ça fait neuf ans que je traîne ces accusations ignominieuses et infamantes. Il a fallu attendre neuf ans avec un contrôle judiciaire ultra-sévère et jamais levé. Il a fallu attendre neuf ans pour faire reconnaître mon innocence», s'est-il exclamé. «Je n'ai que des condamnations financières pour abus de biens sociaux. Neuf ans pour ça...», a-t-il ajouté en précisant ne pas pouvoir «décider comme ça» s'il allait faire appel.

Pour son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, son client a fait l'objet d'un «acharnement judiciaire» dans «une procédure judiciaire inadmissible». (ap)

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