Actualisé 01.11.2013 à 20:26

Ecoutes en Grande-Bretagne

Les princes Harry et William espionnés

Le tabloïd News of the World, dont plusieurs dirigeants sont actuellement jugés à Londres, a piraté des messages laissés par les princes William et Harry en vue d'alimenter sa machine à scoops.

Le 18 décembre 2005, le journal publie un article titré: «L'assistant d'Harry l'aide pour ses examens» à l'académie militaire de Sandhurst. Ce texte «était entièrement fondé sur un message laissé sur une boîte vocale» par le prince Harry, a déclaré le procureur Andrew Edis.

Selon une transcription de ce message lu par le procureur, le prince demandait à son secrétaire privé Jamie Lowther-Pinkerton s'il «avait des informations» sur le siège de l'ambassade d'Iran à Londres en 1980.

«Je dois écrire une dissertation assez rapidement sur le sujet, mais j'ai besoin de plus d'infos. S'il vous plaît, s'il vous plaît, envoyez-moi des infos par mail ou envoyez-moi un texto», demandait Harry dans ce message, selon la même source. Le palais de Buckingham n'avait pas réagi à l'époque à l'article du «News of the World».

Le prince Harry, actuellement quatrième dans l'ordre de succession au trône d'Angleterre, est sorti de Sandhurst en avril 2006 avec le rang de sous-lieutenant de cavalerie.

«Blessure factice»

Son frère aîné, le prince William, a lui aussi été victime des pratiques illégales du journal, a poursuivi le procureur. Le tabloïd avait ainsi obtenu l'information selon laquelle William, qui a aussi fait sa carrière dans l'armée, avait été «blessé par balle, une blessure factice» au cours d'un exercice militaire en Angleterre, d'après Andrew Edis.

Le procureur a par ailleurs assuré qu'un ancien rédacteur en chef du News of the World, Andy Coulson, actuellement sur le banc des accusés, était au courant du recours aux écoutes téléphoniques.

Des pots-de-vin

En mai 2006, a affirmé Andrew Edis, News of the World travaillait à un article sur une célébrité du petit écran, Calum Best, fils de l'ancien footballeur George Best. Andy Coulson a envoyé un courrier électronique à l'un des responsables de la rédaction du journal, Ian Edmonson, lui enjoignant: «Occupe toi de son téléphone», a assuré le procureur.

Enfin, l'un des autres prévenus, Rebekah Brooks, également ex-rédactrice en chef du journal, a autorisé le versement de pots-de-vin à un responsable du ministère de la Défense pour obtenir des détails, avant leur publication officielle, sur des militaires tués en action, a encore affirmé le procureur.

Croustillant feuilleton

Andy Coulson et Rebekah Brooks, proches de l'actuel Premier ministre David Cameron, et six autres personnes sont jugés depuis lundi à Londres dans le cadre du procès sur les écoutes téléphoniques, une affaire qui a provoqué la fermeture du tabloïd en juillet 2011. Le journal, propriété de Rupert Murdoch, est soupçonné d'avoir fait écouter des centaines de personnes.

Andrew Edis, qui expose avec minutie les chefs d'accusation depuis mercredi, a fini par transformer ce que la presse britannique qualifie parfois de «procès du siècle» en croustillant feuilleton médiatico-judiciaire. Il avait révélé jeudi que Rebekah Brooks et Andy Coulson ont eu une liaison ayant duré «au moins six ans». (ats)

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