10.10.2020 à 18:54

Corée du NordLes prisonniers boivent de l’eau de rivière avec les cendres des morts

Selon un rapport, des prisonniers incarcérés dans un camp nord-coréen auraient été forcés de boire l’eau de la rivière contaminée pas les cendres de leurs camarades décédés. D’autres atrocités sont révélées par des survivants.

par
max
AFP

Ce sont des survivants du camp de Chongori, dans le nord-est du pays, qui ont rapporté leurs sordides conditions de vie sous le régime de Kim Jong-un. Selon le New York Post et le Mirror, qui citent un rapport récent du Comité pour les droits de l’homme en Corée du Nord, regarder la télé sud-coréenne ou avoir pratiqué des traditions chrétiennes sont des «crimes» suffisants pour être envoyé dans ces camps.

Celui de Chongori a un taux de mortalité particulièrement élevé, selon l’enquête. «Chaque lundi, nous brûlions des cadavres. L’espèce de maison où nous les amenions était imprégnée d’une odeur de sang et de cadavres en décomposition ou brûlés. Les cendres étaient utilisées comme compost pour l’agriculture», raconte un ancien prisonnier du camp. «Quand il pleuvait, les cendres se déversaient dans la rivière, que les prisonniers buvaient ou utilisaient pour se laver».

D’autres survivants du camp ont aussi raconté trébucher parfois sur des morceaux de corps dans l’établissement. «En tombant, j’ai d’abord cru m’encoubler dans une racine. Puis, j’ai vu qu’il s’agissait d’un orteil. En continuant mon chemin, j’en ai vu encore cinq. J’étais tellement surpris». Le rapport décrit aussi une situation où les rats consommaient les corps en décomposition avant que ceux-ci ne soient envoyés au crématorium.

Considérés comme des crimes

«Nous savons que les prisonniers souffrent au-delà de l’imagination», a déclaré Joseph Bermudez Jr, l’auteur principal du rapport. «Ces atrocités commises illégalement par la Corée du Nord nécessitent l’attention immédiate de la communauté internationale».

Le directeur du Comité pour les droits de l’homme en Corée du Nord, Greg Scarlatoiu, a rappelé que ce qui est considéré comme normal ailleurs est passible d’enfermement dans le régime de Kim Jong-un. «On peut citer la pratique d’une religion, spécialement le christianisme, le fait de posséder une Bible, ou d’avoir accès à des informations provenant du monde extérieur ou à du matériel pour regarder des divertissements sud-coréens», explique-t-il. Même manquer de respect à un journal: «Le simple fait de ‘maltraiter’ une page sur laquelle figure une photo du dirigeant, de son père ou de son grand-père, est passible d’emprisonnement».

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