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Surpopulation carcéraleLes prisons vaudoises sont toujours bondées

La Commission des visiteurs du Grand Conseil souligne que le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est toujours important et problématique. Le gouvernement est appelé à prendre des mesures.

Au Bois-Mermet, le taux d’occupation des lieux est bien trop haut depuis des années. Lors de la visite de la commission, il était de 168%.

Au Bois-Mermet, le taux d’occupation des lieux est bien trop haut depuis des années. Lors de la visite de la commission, il était de 168%.

Patrick Martin/24 heures/archives

Les rapports annuels se suivent et, hélas, se ressemblent sur bien des points: les prisons vaudoises sont toujours en situation de surpopulation. C’est ce que souligne le dernier rapport annuel de la Commission des visiteurs du Grand Conseil, qui rend compte de la période entre juillet 2019 et juin 2020. La situation est particulièrement tendue au Bois-Mermet, à Lausanne, et à la Croisée, à Orbe. Lors de la visite de ces deux établissements pénitentiaires par la commission, ils étaient respectivement occupés à 168% et 151% de leur capacité.

Le rapport souligne ainsi que la construction de nouveaux bâtiments, à Orbe, à Lonay et précisément au Bois-Mermet, sont donc attendus avec impatience. Mais d’ici à la création de ces cellules supplémentaires, la surpopulation carcérale développe ses effets en cascade. Ainsi, les établissements censés n’accueillir que des prévenus en attente de leur jugement sont partiellement occupés par des condamnés en exécution de peine. Il en découle une utilisation inappropriée des «zones de rétention», à savoir les cellules des centres de gendarmerie et de police, où la détention n’est pas censée dépasser 48 heures, selon la loi. Or le rapport mentionne une durée médiane de détention de 2,5 jours, entre janvier et mai 2020. Un situation toutefois en nette amélioration par rapport à 2019, où la durée médiane tournait autour de 10 jours, et 2018, où elle était environ de 15 jours. Toutefois, rien n’explique réellement cette «embellie», qui ne pourrait donc être que passagère.

Pas assez de places de travail

Autre point soulevé: le manque de places de travail mises à disposition des détenus, fautes de locaux et de personnel, lacune là aussi consécutive à la surpopulation carcérale. Par ailleurs, le nombre de formations proposées aboutissant à une certification semble être très bas, mais la «commission n’a malheureusement pas pu obtenir de constat précis en la matière». Si le rapport souligne les efforts déjà entrepris pour améliorer ces points, il clôt ce chapitre en rappelant que «disposer d’une qualification professionnelle à la sortie d’une période de détention est un facteur indispensable à la réinsertion et, la réinsertion, est le meilleur rempart contre la récidive».

Enfin, la commission dit rester «très attentive au suivi des traitements psychiatriques, tant pour les hommes que pour les femmes» et insiste sur le fait que «l’accès aux soins, y compris psychiatriques, est crucial en cette période de pandémie».

Le rapport mentionne enfin le «professionnalisme et la qualité du travail accompli» par le personnel pénitentiaire, confronté «à des problèmes totalement inédits et à des conditions difficiles» en raison de la situation sanitaire liée au Covid-19.

(comm/jfz)

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