Carburants: Les prix à la pompe repartent à la hausse
Actualisé

CarburantsLes prix à la pompe repartent à la hausse

Les prix des carburants à la pompe en Suisse ont pris l'ascenseur ces dernières semaines, s'appréciant de 25 centimes par rapport à leur plus bas.

De quoi déranger des automobilistes qui s'étaient à nouveau habitués à une essence moins chère.

L'accalmie résultait du ralentissement économique mondial qui a freiné la demande en énergie, après le record de près de 150 dollars le baril relevé en juillet 2008. Mais le courant est en train de s'inverser, avec un prix à la colonne qui culmine désormais à 1,55-1,60 franc pour un litre de sans plomb 95.

Peut-être pas fini

Le carburant en Suisse pourrait être plus cher encore. La hausse est en partie amortie par le bas niveau actuel du dollar, explique Philippe Cordonier, responsable combustibles de l'Union pétrolière (UP), contacté par l'ATS.

Le prix du pétrole a sensiblement augmenté depuis le début de l'année. Un baril coûtait 41,81 dollars en moyenne en janvier. Jeudi, le brut s'échangeait autour de 71 dollars. Un montant élevé, malgré des stocks largement remplis et une faible demande.

Cette progression relève essentiellement d'une «mini-bulle spéculative», observe Philippe Cordonier. Et de décrypter: «Les spéculateurs justifient leurs achats de pétrole par la recherche des premiers signes de redémarrage de l'économie.»

Optimisme soutenu

Cet optimisme est encouragé par les prévisions de quelques banques évaluant que le brut coûtera 85 dollars le baril à la fin de l'année.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a pour sa part révisé à la hausse ses estimations jeudi, pour la première fois depuis près d'un an. Ce relèvement est la conséquence de la demande supérieure aux attentes enregistrée en début d'année dans les pays développés.

La consommation mondiale de pétrole devrait diminuer cette année de 2,47 millions de barils par jour (bpj) à 83,2 millions de bpj. L'AIE tablait auparavant sur un recul de 2,56 millions de bpj.

Phénomène spéculatif, mais pas seulement. La hausse des prix s'explique également par un facteur particulier: la «driving season». Ces prochains mois, les Américains se déplaceront davantage, profitant de leurs vacances.

Diesel plus cher

Anticipant une consommation accrue d'essence cet été, les Etats- Unis s'approvisionnent ainsi sur le marché européen pour compenser leurs capacités insuffisantes de production, précise Philippe Cordonier.

Cette «influence ponctuelle» a par ailleurs réduit l'écart de prix entre la sans plomb et le diesel (près de 1,60 franc le litre en moyenne actuellement). D'autant que l'industrie et le secteur des transports ont diminué leur consommation en gazole en cette période de crise, indique le représentant de l'UP.

Ce dernier ne se hasarde à aucune prédiction quant à l'évolution prochaine du cours du brut. Il note seulement que, si les signes de relance persistent, les prix resteront orientés à la hausse.

(ats)

Ton opinion