Les prix du pétrole chutent sous les 70 dollars le baril
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Les prix du pétrole chutent sous les 70 dollars le baril

Les prix du pétrole ont plongé de près de trois dollars après avoir déjà chuté mercredi.

La hausse surprise des stocks d'essence a dissipé les craintes de pénurie aux Etats-Unis.

A New York, le baril de «light sweet crude» pour livraison en juin est retombé sous le seuil de 70 dollars le baril, pour la première fois depuis le 13 avril. Il chutait de 2,88 dollars à 69,40 dollars vers 18H00, ce qui porte ses pertes à plus de 5 dollars en deux jours (il avait chuté de 2,33 dollars mercredi).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,49 dollars à 70,16 dollars, après un recul de 1,99 dollar la veille. Les préoccupations du marché au sujet du programme nucléaire iranien controversé sont passées au second plan depuis mercredi, après l'annonce d'une hausse de 2,1 millions de barils des stocks d'essence américains.

C'était la première hausse en neuf semaines de ces stocks, et les analystes s'attendaient encore à un recul. Or leur progression, combinée à une hausse surprise des stocks de brut, a dissipé les inquiétudes sur l'approvisionnement des Etats-Unis, alors que commence le 31 mai le pic saisonnier de la consommation américaine de carburant.

Pas de pénurie en vue

«Avec des stocks d'essence proches de leur moyenne des cinq dernières années et des réserves de brut bien au-dessus des normales historiques, les brokers estiment que les raffineries seront en mesure de répondre à la demande estivale», explique Bart Melek, analyste chez BMO Nesbitt Burns.

Cependant, «bien que les stocks américains et mondiaux soient importants, les courtiers ne devraient pas se sentir trop à l'aise, alors que les réalités géopolitiques peuvent et vont probablement renvoyer les prix de l'énergie à la hausse», prévient-il.

Cet analyste n'était pas le seul à appeler à la prudence. «Pour que l'effet apaisant sur les cours du brut soit durable, nous devons voir d'autres semaines de hausse des stocks, et même dans ce cas, avec les tensions qui montent entre l'Iran et l'Occident, le repli pourrait seulement être de courte durée», ont ainsi prévenu les analystes de Sucden.

L'Iran a annoncé jeudi être capable de «produire en masse» des centrifugeuses, utilisées pour l'enrichissement de l'uranium, un nouveau signe de sa détermination à poursuivre son programme nucléaire controversé malgré les pressions de la communauté internationale.

L'Iran provoque

La France et la Grande-Bretagne, soutenues par les Etats-Unis, ont déposé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution enjoignant formellement à l'Iran de suspendre ce programme.

La résolution elle-même n'évoque pas de sanctions, mais le chapitre VII auquel elle se réfère peut, au nom de la sécurité internationale, ouvrir la voie à d'éventuelles sanctions voire à une intervention militaire.

Or le marché craint que d'éventuelles sanctions contre Téhéran ne conduisent à une interruption des exportations du brut iranien voire de tout le pétrole transitant par le Golfe persique. D'après Mike Wittner, analyste chez Calyon, les cours devraient rester soutenus par «l'apport de nouveaux fonds par les investisseurs financiers».

«Ces participants sont moins intéressés par le court terme que par les perspectives macro-économiques pour 2006 et 2007: une forte croissance, une bonne hausse de la demande pétrolière et des contraintes persistantes du côté des capacités de raffinage et de production de brut», a noté l'analyste. (ats)

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