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Côte d'IvoireLes pro-Ouattara encerclent Abidjan

Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, a affirmé que ses forces «encerclent» Abidjan et a assuré que plusieurs généraux de Gbagbo avaient fait défection.

Le président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara n'a jamais été aussi proche de la victoire. Ses combattants arrivaient jeudi aux portes d'Abidjan. De plus, le chef des armées de son rival, Laurent Gbagbo, a fait défection.

Au quatrième jour d'une offensive éclair, les troupes de M. Ouattara présentes dans la moitié nord depuis 2002 ont pris le contrôle de la grande majorité du pays, sans rencontrer de résistance majeure. Seules exceptions, quelques villes de l'ouest, la région natale de M. Gbagbo.

«Je confirme qu'actuellement nos troupes ont encerclé la ville d'Abidjan. Nous tiendrons cette position jusqu'à ce que les ralliements se fassent et que la transmission du pouvoir soit effective au président Alassane Ouattara», a déclaré jeudi en fin de journée Guillaume Soro, le premier ministre d'Alassane Ouattara.

Haute tension

La situation était en ébullition en fin de journée. Des soldats de la force française Licorne s'étaient déployés dans un quartier d'Abidjan en proie à des pillages, selon des sources concordantes.

Des tirs sporadiques d'armes légères étaient entendus dans plusieurs quartiers de la ville, notamment près du grand camp de gendarmerie d'Abidjan et au Plateau, le coeur du pouvoir de Laurent Gbagbo, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Abidjan, hérissée de barrages des «jeunes patriotes» pro-Gbagbo, était sous haute tension. La plupart des habitants avaient préféré rester chez eux, dans la crainte d'une bataille finale dans cette métropole d'au moins quatre millions d'habitants.

Prise de la plaque tournante du cacao

La veille, les Forces républicaines d'Alassane Ouattara avaient pris la capitale politique Yamoussoukro, la ville de Gagnoa (centre- ouest) ainsi que San Pedro, le plus grand port de cacao au monde, dont la Côte d'Ivoire est premier producteur mondial.

Jeudi, les troupes ont été vues dans la matinée à Nzianouan, à environ 130 km au nord-ouest d'Abidjan, sur le grand axe routier reliant Yamoussoukro et la capitale économique. Plus tard, elles gagnaient la ville d'Aboisso, environ ving kilomètres plus loin.

Défection de taille

Dans une solennelle et grave adresse à la Nation diffusée sur sa radio et sa télévision, M. Ouattara a appelé les militaires encore fidèles au chef d'Etat sortant à rallier ses forces. «Le pays vous appelle», leur a-t-il lancé, les exhortant à «rejoindre la légalité».

Une première défection avait déjà eu lieu. Le général Philippe Mangou, chef des armées de M. Gbagbo, s'est réfugié mercredi soir à la résidence officielle de l'ambassadeur sud-africain à Abidjan, a annoncé jeudi le ministère des Affaires étrangères sud-africain.

D'autres généraux se seraient ralliés à Alassane Ouattara, a affirmé sur la télévision France 24 Guillaume Soro, exigeant que Laurent Gbagbo «parte maintenant», car Abidjan est «encerclé».

Quelques heures pour partir

Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro avait averti mercredi que M. Gbagbo avait «encore quelques heures pour partir, sinon ce sera la marche sur Abidjan. Et ce sera beaucoup plus compliqué pour lui». L'entourage d'Alassane Ouattara est en position de force après quatre mois d'une crise post-électorale qui a fait plus de 460 morts, selon l'ONU.

Malgré le vacillement rapide de son régime, Laurent Gbagbo entretenait le mystère sur ses intentions: livrer bataille ou se retirer. Après un long silence, le président sortant devait s'adresser à la Nation mercredi soir. Il y a finalement renoncé, sans explication.

Paris offre une aide humanitaire

La pression extérieure sur le régime sortant est énorme. Pour Paris, M. Gbagbo doit «entendre le message» du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a exigé mercredi son départ immédiat, et «arrêter de faire couler le sang» des Ivoiriens. Ex-puissance coloniale, la France a également annoncé jeudi sa décision d'apporter une aide humanitaire d'urgence de 2,5 millions d'euros à la Côte d'Ivoire.

(afp)

Ouattara a promis que «l'intégrité physique» de Gbagbo serait respectée

Alassane Ouattara, président ivoirien reconnu par la communauté internationale, a promis que «l'intégrité physique» de son rival Laurent Gbagbo serait préservée s'il se rendait, a affirmé jeudi à l'AFP Ally Coulibaly, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par M. Ouattara.

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