Actualisé 24.03.2015 à 20:19

Crash en France

Les proches en larmes à l'aéroport de Barcelone

Visages graves ou en pleurs, des proches de victimes de l'accident d'avion survenu mardi dans les Alpes françaises, étaient sous le choc après avoir appris qu'il n'y avait aucun survivant.

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24.03 A Barcelone, une dizaine de personnes effondrées se sont approchées du comptoir d'information de Germanwings après le crash de l'A320 en France. L'avion reliait Barcelone à Düsseldorf.

24.03 A Barcelone, une dizaine de personnes effondrées se sont approchées du comptoir d'information de Germanwings après le crash de l'A320 en France. L'avion reliait Barcelone à Düsseldorf.

AFP
Keystone/AP/Manu Fernandez
Keystone/AP/Manu Fernandez

Dans la soirée, la police a commencé à prélever sur des proches des échantillons d'ADN afin de faciliter l'identification des victimes sur le site de l'accident dans le sud-est de la France, selon un porte-parole de la police.

Plusieurs dizaines de personnes s'étaient rendues à la mi-journée à l'aéroport Prat de Barcelone. Certains se sont approchés sans succès d'un comptoir où trois employées, travaillant pour le compte de différentes compagnies aériennes dont l'allemande Germanwings, filiale low-cost de Lufthansa.

Des couples, des hommes seuls, des parents avec leurs enfants, jeunes ou âgés, tentaient d'obtenir des informations sur l'accident qui a coûté la vie aux 150 personnes à bord, selon le bilan avancé par les autorités françaises.

Long cri de douleur

Dans l'aérogare, un homme d'une soixantaine d'années, vêtu élégamment, tentait de cacher ses larmes derrière ses lunettes cerclées. Un autre, la trentaine, regardait fixement le sol et refusait d'accepter la mauvaise nouvelle en faisant non de la tête. Un troisième aux cheveux gris, est arrivé entourant d'un bras protecteur l'un de ses deux jeunes accompagnateurs, un adolescent visiblement secoué. Une dame âgée, venue avec son compagnon et une femme semblant être sa fille, n'a pu réprimer un long cri de douleur.

Sur place ils ont tous été pris en charge par des psychologues, des secouristes et travailleurs sociaux dépêchés notamment par la Croix-Rouge et tenus à l'écart de la presse.

«Moments traumatiques»

«Dans ces situations les gens vivent des moments d'incertitude, et quand on leur fait part de la nouvelle (...) c'est un traumatisme. Nous tentons de minimiser le plus possible ces moments traumatiques, de nervosité, d'incertitude, d'anxiété avec nos pyschologues», a expliqué Irene Peiro, une porte-parole de la Croix-Rouge.

Germanwings a également réservé des chambres d'hôtels près de l'aéroport pour les familles des victimes, selon le gestionnaire d'aéroports AENA.

«J'ai très peur. Je ne veux pas voler aujourd'hui. Je vais prendre un vol de Germanwings et c'est étrange», a déclaré à l'AFP une jeune touriste allemande de 21 ans, Ann Kristin, qui devait embarquer sur un vol pour Dusseldorf mardi en début de soirée.

Deux vols prévus en soirée

Deux vols étaient encore prévus vers Dusseldorf et Stuttgart dans la soirée sur les tableaux d'affichage de l'aéroport. La compagnie assure de nombreuses liaisons avec l'Allemagne à partir de Barcelone, reliant également Hambourg, Hannovre, Berlin et Cologne.

A une quarantaine de kilomètres au nord-est de Barcelone, des lycéens de la petite ville de Llinars del Vallès étaient aussi en état de choc: seize de leurs correspondants allemands et leurs deux professeurs, avec qui ils venaient de passer une semaine, dans le cadre d'un échange scolaire voyageaient dans l'avion accidenté. Ces jeunes venaient de Haltern am See, petite ville entre Dusseldolf et Dortmund.

La Croix-Rouge et des psychologues sont sur place (...) ils prennent soin des enfants car toute l'école est touchée«, a déclaré à l'AFP le maire de Barcelone Marti Pujol.

Incrédulité à Dusseldorf

Pendant ce temps, à Dusseldorf, des voyageurs secouaient la tête, incrédules, en lisant une annonce sur un écran d'informations dans l'aéroport: «Un avion de Germanwings en route vers Düsseldorf s'est écrasé!»

«C'est effrayant», lâchait Ingrid Nünning, en provenance de Turquie. » «C'est ici que j'ai appris qu'il y avait eu un accident (...) si je l'avais appris avant (mon départ), je ne serais pas monté dans l'appareil»".

Une vingtaine de personnes étaient prises en charge mardi après-midi par des psychologues, des proches ou des amis des victimes qui se trouvaient dans l'appareil.

(ats/afp)

Trois jours de deuil en Espagne

L'Espagne va observer trois jours de deuil national.Selon la vice-présidente du gouvernement Soraya Sainz de Santamaria, il y avait «45 passagers portant des noms de famille espagnols» à bord, dont il reste toutefois à vérifier la nationalité. Mme Sainz de Santamaria a annoncé la publication «dans le bulletin officiel d'un décret déclarant un deuil officiel de trois jours à compter de minuit ce (mardi) soir». «De plus, nous appelons à une minute de silence demain à midi dans toutes les administrations publiques», a-t-elle poursuivi. Mariano Rajoy sera en France en compagnie du président de la région de Catalogne, Artur Mas, marquant l'une des rares rencontres des deux hommes depuis que la Catalogne connaît une poussée indépendantiste.

Le Congrès des députés espagnols a de son côté suspendu sa séance plénière après avoir observé une minute de silence «en solidarité avec tous les pays touchés et en signe d'affection envers les familles, amis et proches des personnes décédées». Les Sénateurs ont également respecté une minute de silence dans l'après-midi.

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