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Importations du JaponLes produits nippons très surveillés

La Suisse prend des mesures pour éviter d'importer des produits irradiés du Japon.

Des contrôles accentués sur les produits venant du Japon sont prévus aux frontières et aux aéroports. En outre, un document officiel devra accompagner les denrées alimentaires pour assurer qu'elles ne sont pas contaminées.

Ce certificat doit être établi sur la base de tests menés au Japon, a indiqué lundi à l'ATS Sabina Helfer, porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), confirmant une information du journal «Der Sonntag». L'OFSP fait en ce moment les adaptations nécessaires au niveau du règlement.

Celui-ci devrait entrer en vigueur dans les prochains jours. La Suisse reprend ainsi à son compte une directive européenne mise en place depuis une semaine. D'autres pays ont également renforcé le contrôle des denrées en provenance du Japon ou ont même pour certains interdit toute importation.

Pas d'interdiction totale

En Suisse cependant, une interdiction générale n'est pas à l'ordre du jour, explique Sabina Helfer. L'OFSP ne s'attend pas à voir des produits dangereux pour la santé arriver en Suisse dans la situation actuelle, explique-t-elle.

En plus du certificat établi au Japon, des mesures visant les produits dans le pays d'importation ont été décidées en concertation avec l'Union européenne. Des prélèvements et des tests sont prévus aux frontières et dans les aéroports.

Toutefois, aucun examen n'a encore eu lieu car depuis la mise en place de ce contrôle renforcé, aucun produit en provenance du Japon n'est entré en Suisse. En tout, trente échantillons doivent être prélevés pour les denrées alimentaires et dix pour les produits pour animaux, indique l'OFSP. (ats)

Sushis sans soucis

Les bars à sushis et autres débits de cette spécialité japonaise ne semblent pas souffrir en Suisse de l'accident nucléaire en cours au pays du soleil levant. Les consommateurs ne s'inquiètent pas, à raison, car pratiquement aucun produit composant les sushis vendus en Suisse ne provient du Japon.

Responsable de Sushis Mania à Renens (VD), Marc Durst n'a pas ressenti de baisse de sa production. Il confectionne chaque jour en moyenne près de 25'000 sushis à destination de clients de toutes tailles, des grandes surfaces aux traiteurs.

Il n'y a vraiment pas de quoi s'inquiéter. Le riz japonais n'est pas exporté et vient de Californie, de Camargue ou d'Italie. En règle générale, le saumon vient de Norvège, le thon des Philippines, les poissons exotiques et les crustacés de Thaïlande, relève Eric Polgar, ingénieur-chimiste et directeur de Sushi-Expert.

Même les algues importées du Japon ne viennent pas de là. Les grandes marques nipponnes les font elles-mêmes venir de Chine, précisent MM. Durst et Polgar. Quant au wasabi, la plupart de celui qui est consommé en Europe est faux: ce sont des racines de raifort, un cousin, colorées en vert, relève M.Polgar.

Du Japon, Marc Durst n'importe que la sauce soja, le wasabi et le vinaigre de riz. Après l'accident, il a aussitôt réalisé des stocks qui lui suffiront durant près de huit mois. Beaucoup de ses collègues ont fait de même, a-t-il dit à l'ATS. «Et nous sommes en train de chercher d'autres fournisseurs ailleurs», ajoute-t-il.

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