Polémique: Les propos de Calmy-Rey sur Ben Laden font des vagues
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PolémiqueLes propos de Calmy-Rey sur Ben Laden font des vagues

Pour faire taire la polémique, le département fédéral des affaires étrangères (DFAE) assure qu'il est hors de question de dialoguer avec Ben Laden.

Le ministère suisse des Affaires étrangères a assuré mardi qu'il est pour lui «hors de question, dans la pratique, de mener un dialogue avec Oussama Ben Laden», contrairement à ce qu'ont pu laisser penser la veille des déclarations de la ministre Micheline Calmy-Rey. Selon une «clarification» publiée mardi sur le site internet du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), Mme Calmy-Rey a «de façon rhétorique, posé la question de savoir s'il faudrait même envisager d'accepter un dialogue» avec le leader de l'organisation terroriste Al Qaïda.«Elle n'a jamais dit qu'elle favoriserait un tel dialogue, n'a jamais proposé un tel dialogue», insiste le DFAE pour lequel Mme Calmy-Rey s'est bornée à «évoquer les possibilités et les limites» du dialogue comme instrument au service de la politique étrangère.Devant près de 170 ambassadeurs et diplomates helvétiques réunis à Berne, Mme Calmy-Rey s'était interrogée lundi: faut-il «rechercher le dialogue sans discrimination - quitte à s'asseoir à la table d'Oussama Ben Laden?».La ministre avait ensuite jugé que «le refus du dialogue est en fin de compte toujours stérile». La diplomatie helvétique doit se «battre contre le rejet simpliste du dialogue», y compris avec «les +infréquentables+», avait-elle fait valoir.«Certes, des organisations comme le Hezbollah, le Hamas, (la guérilla colombienne des) FARC, les (séparatistes tamouls du) LTTE ou (les rebelles ougandais de) la LRA recourent à des méthodes terroristes que nous condamnons. Reste que ce sont des acteurs politiques de poids, incontournables dans la recherche d'un règlement de conflit», avait-elle encore dit.«Le dialogue ne conduit pas inexorablement à accepter l'inacceptable; comprendre ne veut pas dire excuser et ne signifie pas complicité», avait expliqué la ministre en demandant à ses ambassadeurs de «garder bien conscience que nous nous aventurons souvent en terre inconnue». (afp)

Clarification

Voici le texte intégral de la clarification publiée par le DFAE:

Suite à la publication d'une dépêche de l'AFP titrant abusivement sur le fait que la cheffe du DFAE favorise le dialogue avec Al-Qaida et Ben Laden, le DFAE clarifie ainsi sa position.

1. Dans le discours prononcé devant les ambassadeurs, la cheffe du DFAE s'est exprimée sur le dialogue comme instrument au service de la politique étrangère.

2. Elle a évoqué les possibilités et les limites dans lequel ce dialogue doit se tenir.

3. Dans ce contexte, de façon rhétorique, elle a posé la question de savoir s'il faudrait même envisager d'accepter un dialogue avec Oussama Ben Laden.

4. Elle n'a jamais dit qu'elle favoriserait un tel dialogue, n'a jamais proposé un tel dialogue.

5. Pour mettre fin à la polémique, il est hors de question, dans la pratique, pour le DFAE de mener un dialogue avec Oussama Ben Laden.

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