Actualisé 25.01.2013 à 13:02

Scandale en AllemagneLes propos déplacés d'un politicien allemand

Une journaliste allemande était vivement critiquée vendredi par le monde politique pour avoir dénoncé des commentaires sexistes du candidat du Parti libéral à la chancellerie sur son décolleté.

Laura Himmelreich, 29 ans, journaliste de l'hebdomadaire Stern, a affirmé dans un article publié jeudi que Rainer Brüderle, ancien ministre de l'Economie d'Angela Merkel et tête de liste du FDP aux législatives prévues en septembre, l'a importunée lors d'une soirée en janvier 2012.

Contemplant la poitrine de la jeune femme, l'homme politique lui aurait notamment lancé: «Vous remplissez bien un Dirndl», en référence à la robe traditionnelle bavaroise au décolleté plongeant.

Lui baisant ensuite la main, Rainer Brüderle, 67 ans, aurait poursuivi: «J'aimerais que vous m'inscriviez sur votre carnet de bal». La jeune femme lui aurait ensuite expliqué qu'elle souhaitait rester sur un terrain professionnel, et M. Brüderle, responsable du groupe parlementaire FDP, aurait conclu: «Nous ne sommes finalement que des êtres humains».

Elle assure avoir finalement décidé de rendre ces propos publics après que M. Brüderle eut été désigné tête de liste des Libéraux pour le prochain scrutin législatif.

Vivement critiquée par certains journalistes, Laura Himmelreich a néanmoins été défendue par d'autres qui dénoncent «le sexisme quotidien» dans le monde politique allemand.

Un député du Parti libéral FDP, Rainer Stinner, a estimé sur la radio publique Deutschlandfunk «non professionnel» et «aberrant» qu'une journaliste qui s'est sentie importunée par des réflexions sexistes au bar d'un hôtel les rende publiques un an plus tard. «Cette manière de rendre compte un an après les faits est extrêmement injuste», a également souligné auprès de l'agence DPA le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, un prédécesseur de Rainer Brüderle, que la journaliste accuse de propos déplacés.

Le député social-démocrate (SPD/opposition) Sebastian Edathy a estimé de son côté que si la journaliste s'était vraiment sentie agressée, elle aurait pu en parler il y a un an, au moment des faits.

Jusqu'ici les scandales politico-sexuels ont surtout touché la France ou l'Italie, et l'Allemagne, gouvernée par une femme, fait plutôt figure d'enfant sage. (afp)

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