Ukraine : Les pro-russes annoncent des référendums d’annexion par Moscou

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Ukraine Les pro-russes annoncent des référendums d’annexion par Moscou

Les autorités pro-russes de plusieurs régions de l’est et du sud de l’Ukraine ont annoncé des référendums d’annexion par la Russie, alors que Kiev promet de «liquider la menace» de Moscou. 

Une urne lors du référendum organisé en Crimée en 2014, sur une annexion par la Russie (photo d’illustration). 

Une urne lors du référendum organisé en Crimée en 2014, sur une annexion par la Russie (photo d’illustration). 

AFP

C’est une escalade majeure dans la guerre en Ukraine. Les autorités pro-russes de plusieurs régions de l’est et du sud de l’Ukraine ont annoncé mardi la tenue de référendums d’annexion par la Russie, du 23 au 27 septembre. Ces scrutins auront lieu dans les régions de Donetsk et de Lougansk (les deux dans l’est), dont le président russe Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance, peu avant de lancer son offensive contre l’Ukraine, en février dernier, ainsi que dans les zones sous occupation russe dans les région de Kherson et de Zaporijjia (les deux dans le sud). 

Peu de doute sur les résultats 

L’intégration à la Russie de ces régions, à l’issue de référendums dont l’issue fait peu de doute, représenterait une escalade majeure dans le conflit en Ukraine. La Russie a déjà annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée (sud), un rattachement entériné par un référendum qui avait été précédé par une intervention militaire et qui est dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux.

Chantage et revers russes  

L’Ukraine a promis mardi de «liquider la menace» russe face à ces annonces de référendums d’annexion par Moscou. «L’Ukraine va régler la question russe. La menace ne peut être liquidée que par la force», a écrit sur Telegram le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak. Il a dénoncé l’annonce des référendums comme un «chantage» de la part de Moscou, motivé par «la peur de la défaite», alors que les forces ukrainiennes ont repris depuis début septembre des milliers de kilomètres carrés aux troupes russes. 

Donbass en jeu 

Les territoires de Donetsk et de Lougansk, qui forment ensemble la région du Donbass, sont en partie contrôlés par des séparatistes pro-russes qui se sont soulevés en 2014 contre Kiev avec l’appui de Moscou. C’est le chef du «Parlement» autoproclamé de la région de Lougansk, Denis Mirochnitchenko, qui a annoncé le premier les dates du scrutin mardi.

«Le Conseil de la nation décide de fixer les dates du vote pour le référendum du 23 septembre au 27 septembre 2022», a-t-il déclaré, cité par le portail d’information officiel de Lougansk. Peu après, le chef de la région voisine de Donetsk, Denis Pouchiline, a annoncé un référendum aux mêmes dates. «Le Donbass rentre à la maison!», a-t-il lancé lors d’un discours.

Appel à Poutine 

Dans un message publié sur Telegram, Denis Pouchiline a aussi exhorté le président russe Vladimir Poutine à rapidement annexer la région après le référendum. «Dans l’éventualité d’une décision positive (à l’annexion) lors du référendum, ce dont je ne doute pas un seul instant, je vous demande de vous pencher sur la question de l’intégration de la République populaire de Donetsk à la Fédération de Russie dans les plus brefs délais», écrit Denis Pouchiline.

Aussi à Kherson 

«Le peuple du Donbass, qui souffre depuis longtemps, mérite de faire partie de ce grand pays qu’il a toujours considéré comme sa patrie», ajoute-t-il. Dans la foulée, le chef de l’administration de l’occupation russe dans la région de Kherson (sud), Vladimir Saldo, a lui aussi annoncé un référendum aux mêmes dates. «Conformément au décret, le référendum (d’annexion) se tiendra du 23 au 27 septembre 2022», a-t-il déclaré sur Telegram.

L’annonce de ces référendums intervient alors que les forces de Kiev mènent des contre-offensives qui suscitent l’inquiétude des forces d’occupation installées par Moscou. Avant l’annonce de ces dates, l’ex-président russe Dmitri Medvedev avait prévenu, mardi, qu’en cas d’attaque contre les territoires annexés, Moscou utiliserait «toutes les forces de légitime défense». 

L’Occident critique un «simulacre»

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a dénoncé, mardi, les «simulacres de référendums» organisés par les autorités installées par Moscou dans quatre régions d’Ukraine, y voyant «une nouvelle escalade de la guerre de Poutine». «Ces simulacres n’ont aucune légitimité et ne changent pas la nature de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine», a-t-il tweeté. «La communauté internationale doit condamner cette violation flagrante du droit international et renforcer son soutien à l’Ukraine.»

Les condamnations n’ont pas tardé à tomber. «La Russie organise hâtivement des simulacres de référendums» en Ukraine, a tancé le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan. «Les États-Unis ne reconnaîtront jamais les prétentions de la Russie sur des parties prétendument annexées de l’Ukraine.»

Même son de cloche en Europe. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a estimé que «ces référendums fictifs» étaient «inacceptables». «Tout ceci n’est qu’une tentative d’agression impérialiste que l’on veut ainsi habiller», a-t-il dénoncé, estimant que ces consultations, que Moscou veut organiser du 23 au 27 septembre, ne sont pas «couvertes par le droit international». De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a parlé de «parodie», affirmant que ces référendums n’auront «aucune conséquence juridique».

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(AFP)

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