Lausanne: Les pros de la prévention fustigent la traque au hasch
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LausanneLes pros de la prévention fustigent la traque au hasch

La vaste opération anti-drogues de mardi dernier dans une école est un grave pas en arrière pour certains.
La police assume sa stratégie.

par
frb

L'image avait frappé les esprits. Quelque 500 étudiants de l'ERACOM reniflés par un chien policier spécialisé dans la recherche de stupéfiants («20 minutes» de mercredi). Elle a aussi scandalisé des professionnels de la prévention des dépendances. Le Groupement romand d'études des addictions s'est même fendu d'un communiqué de presse pour l'occasion. Morceaux choisis: «Cette opération est nuisible pour la prévention (...) et sape les efforts de nombreux professionnels sur le terrain.» Secrétaire général de cet organisme, Jean-Félix Savary précise. «Une politique de lutte contre la drogue se construit avec les différents acteurs. On ne peut pas uniquement réprimer.» Et le spécialiste de rappeler qu'il est primordial d'établir un rapport de confiance avec les jeunes consommateurs pour leur venir en aide. «Or ici, ce n'est pas du tout l'objectif. Les étudiants ne prendront plus l'école pour un partenaire. C'est contre-productif.»

Les forces de l'ordre n'ont pas la même lecture des choses. «Ce contrôle était justement préventif, rétorque Anne Plessz. Il y avait un problème de fumette dans un parc près de l'école. Nous devions faire passer un message.» Et la porte-parole de féliciter le bilan de l'opération, avec 10 élèves sur 500 pris en possession de stupéfiants. «Les échos reçus sont aussi très positifs», précise-t-elle. La stratégie sera reconduite, au grand dam de Jean-Félix Savary.

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