Vaud: Les prostituées ont une Charte éthique

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VaudLes prostituées ont une Charte éthique

Même si elle est légale, la prostitution reste un monde de l'ombre. Pour changer les comportements et favoriser le respect des travailleuses du sexe, une Charte éthique voit le jour dans le canton de Vaud.

Sans pouvoir contraignant, cette Charte éthique veut instaurer le dialogue. Présentée mardi à Lausanne, elle fait suite au dépôt d'un postulat, a expliqué la députée verte Sandrine Bavaud. Plusieurs personnes actives dans le domaine de la prostitution se sont retrouvées en 2008 pour discuter et trouver des solutions pratiques.

Nombreux risques

La charte s'adresse surtout à l'univers des salons de massage. Elle vise à protéger les travailleuses du sexe elles-mêmes, notamment lors de leur engagement, mais aussi à sensibiliser les patrons d'établissements afin de diminuer les risques sanitaires, par exemple, a déclaré Sandrine Bavaud.

«Entre la loi et le terrain, il y a une grande marge», a observé Thierry Schmidely, ancien propriétaire de salon. A ses yeux, la Charte va permettre d'agir à ce niveau, en incitant notamment «à prendre conscience» de la nécessité d'adopter «des comportements corrects vis-à-vis des filles».

Mieux informer les femmes et les tenanciers

Présente à la conférence de presse, une prostituée a jugé que la charte allait entraîner «une meilleure information» des filles qui travaillent dans les salons. Chef de la police cantonale du commerce, Marc Tille a dit «soutenir» cette «excellente démarche».

Si elle est respectée, la Charte éthique devrait diminuer les sanctions prises contre les responsables de salons. Elle prône par exemple l'interdiction de la prostitution de mineurs de moins de 18 ans ou des rapports sexuels exclusivement protégés, sans parler des aspects administratifs.

Activité déclarée

En 2010, le canton de Vaud dénombrait 265 travailleuses du sexe enregistrées et 202 salons annoncés, avec de 7 à 10 établissements fermés chaque année. Marc Tille a toutefois souligné que ces chiffres ne tenaient évidemment pas compte de la prostitution clandestine.

La Charte n'a aucun pouvoir contraignant et tout se fera sur base volontaire, a reconnu Sandrine Bavaud qui veut miser sur le dialogue et la capacité de gagner la confiance de ce milieu. Interrogé sur l'éventuel atout que pourrait représenter la Charte pour les salons, Thierry Schmidely n'a pas caché que cela pouvait en effet être «bon pour le business». Si l'on évite ainsi les problèmes, «c'est un bon argument». (ats)

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