Actualisé 21.09.2009 à 17:03

GenèveLes quartiers chauds déposent les armes

Près d'un tiers des armes de service déposées à l'arsenal viennent des quartiers sensibles du Lignon, des Libellules et des Avanchets.

de
Giancarlo Mariani

«Entre 180 et 200 armes sont actuellement en dépôt volontaire à l'arsenal», a détaillé lundi Guy Reyfer, directeur du Service des affaires militaires à l'Etat. Sur 7500 soldats équipés dans le canton, seuls 2,5% d'entre eux ont consigné leur arme de service.

Peu exploitée dans la plupart des communes et en ville, cette prestation gratuite depuis janvier 2008 fait pourtant un véritable carton à Vernier, deuxième commune du canton. «Une analyse géographique interne a montré que près d'un tiers des dépôts concernent les quartiers dits sensibles du Lignon, des Libellules et des Avanchets», a révélé Guy Reyfer.

«Dans le carré de tête, on trouve aussi un quartier HLM de Versoix. La plupart des militaires vivant dans ces zones ont peur du vol. Ils estiment que les conditions de sécurité ne sont plus garanties à leur domicile», détaille-t-il.

«Ils ont parfaitement raison», a souligné de son côté le maire de Vernier, Thierry Cerutti. «Ces dernières années, la commune a souffert d'une recrudescence des cambriolages. Les quartiers populaires sont particulièrement exposés. J'invite donc tous les citoyens qui ne l'auraient pas encore fait à déposer leur pistolet ou leur fusil d'assaut à l'arsenal.»

«Cette première étude du genre mérite d'être affinée», nuance un expert en armement. «Avant de tirer des conclusions, nous devrons comparer la densité de fusils d'assaut dans ces quartiers populaires avec le nombre de cambriolages», a-t-il notamment préconisé.

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