Libye: Les rebelles aux portes de Tripoli

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LibyeLes rebelles aux portes de Tripoli

Les rebelles libyens, qui se targuent d'être aux portes de Tripoli, ont commencé activement à préparer l'après-Kadhafi.

La «Déclaration constitutionnelle» adoptée par le Conseil national de transition (CNT, l'organe politique des rebelles) décrit en 37 articles et une dizaine de pages les grandes étapes de la période de transition suivant une éventuelle chute du colonel Kadhafi.

Selon cette nouvelle feuille de route, le CNT s'engage à quitter le pouvoir dans un délai de huit mois au plus tard après la chute de Mouammar Kadhafi, la formation d'un gouvernement intérimaire et l'élection d'une Assemblée nationale de transition.

Cette Assemblée désignera un nouveau gouvernement, organisera dans les six mois des élections générales, «transparentes et démocratiques», sous supervision de l'ONU. Elle devra mettre en place un Comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui sera présentée par référendum aux Libyens.

Grands principes

La «Déclaration constitutionnelle» réaffirme les grands principes des démocraties modernes: la Libye est un «Etat démocratique», fondé sur «le pluralisme politique». Si «la charia est la source principale de la loi», la Déclaration «garantit» les libertés publiques et individuelles, les droits humains fondamentaux, l'égalité des chances ou encore le respect de la vie privée.

Le CNT, qui réaffirme être «la plus haute autorité de l'Etat» et le «seul représentant légitime du peuple libyen», veut ainsi démontrer qu'il «n'entend pas décider des opinions et des choix des Libyens», a expliqué son président Moustapha Abdeljalil.

La diffusion de ce texte intervient à un moment opportun pour le CNT, qui traverse une période délicate après l'assassinat de son chef d'état-major, le général Abdel Fatah Younès, et qui apparaît de plus en plus divisé.

Proches d'une victoire finale

Sur le terrain, les responsables des forces rebelles se déclarent toutefois proches d'une victoire finale grâce à la prise de contrôle ces derniers jours de Zawiyah, Sorman et Sabrata, situées entre 40 et 60 kilomètres à l'ouest de Tripoli.

Si les rebelles contrôlent la route côtière entre Sabrata et Zawiyah, «toutes les villes entre la frontière tunisienne et Sorman n'ont pas encore été libérées», a cependant reconnu leur porte- parole militaire, Ahmed Omar Bani. Selon lui un nouveau front a été ouvert à Ajaylat, au sud de Sorman et de Sabrata, et la prise de cette ville serait «un tournant majeur».

Des combats ont en outre toujours lieu à Zawiyah, désormais tenue «en majeure partie» par les rebelles, mais «violemment» bombardée par les kadhafistes, selon le porte-parole. Les insurgés ont aussi lancé une attaque pour prendre la raffinerie, située dans les faubourgs de la ville, une des dernières sources d'approvisionnement en carburant des forces loyalistes.

Plus au sud, dans les montagnes du Djebel Nefoussa, les insurgés contrôlent Garhyane, à 50 km au sud de la capitale. Les soldats gouvernementaux ont également abandonné les villes de Tidji et de Badr et se replient vers la frontière tunisienne. Ils «ne devraient pas tarder à se rendre car les routes vers Tripoli sont coupées», selon les rebelles.

Pas de négociations

L'isolement de Tripoli a relancé les rumeurs sur des négociations secrètes entre insurgés et gouvernementaux à Djerba, en Tunisie, où l'envoyé spécial de l'ONU Abdel Ilah Khatib a effectué une visite de 24 heures. Mais la rébellion et le régime ont catégoriquement démenti toutes «négociations».

Le représentant de Gharyane au CNT, Wahid Bourchan, a bien affirmé que des «technocrates» du régime étaient «entrés en contact» avec les insurgés pour «trouver des points de chute» à l'étranger. «Dans l'état actuel des choses, le mot 'négociations' n'a pas lieu d'être. Ce sont juste des demandes individuelles», a-t-il souligné.

(ats)

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