Actualisé 29.08.2011 à 18:48

LibyeLes rebelles convergent vers Syrte

Les rebelles libyens avançaient lundi vers Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi,

Les rebelles ont pour espoir de couronner leur révolution en prenant les derniers bastions du «guide» déchu. A ce dessein, ils ont demandé à l'OTAN de poursuivre ses raids aériens.

Le fief kadhafiste de Syrte, ainsi que quelques villes du Sud enfoncées dans le désert, restent un défi pour les rebelles. Ils entendent les prendre par la force dans le cas où des négociations échoueraient.

Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), a demandé lundi à l'OTAN de poursuivre ses raids aériens, qui ont fourni une couverture décisive aux rebelles.

«Je réclame le maintien de la protection de l'OTAN et de ses alliés contre ce tyran», a-t-il dit lors d'une réunion à Doha des chefs d'état-major engagés militairement en Libye. «Il reste une menace, non seulement pour les Libyens mais pour le monde entier», a- t-il ajouté.

«La guerre n'est pas finie»

Dans un communiqué commun au terme de cette rencontre, les participants, parmi eux les Etats-Unis, la France, la Grande- Bretagne et l'Italie, ont abondé en ce sens. A leur yeux, «la guerre n'est pas finie» et des opérations communes sont toujours nécessaires pour éliminer «les restes» du régime libyen.

Un commandant de l'OTAN a assuré que l'alliance poursuivrait sa mission au moins jusqu'à l'expiration de son mandat le 27 septembre. «Nous pensons que le régime de Kadhafi est au bord de l'effondrement et veillerons à ce que l'opération aille à son terme», a dit l'amiral américain Samuel Locklear dans la capitale qatarie.

«Les poches de résistance des pro-Kadhafi diminuent de jour en jour. Le régime n'a pas la capacité de monter une opération décisive», a-t-il assuré, ajoutant encore que les raids de l'OTAN avaient détruit 5000 objectifs militaires en Libye.

1,3 million de dollars: «mort ou vif»

Dimanche, l'aviation alliée a pilonné Syrte pour le troisième jour consécutif, a fait savoir un porte-parole de l'OTAN à Bruxelles. La Grande-Bretagne a indiqué que ses appareils avaient aussi attaqué les forces kadhafistes près de Sidra, à l'ouest du centre pétrolier de Ras Lanouf.

Que Syrte soit ou non le théâtre d'un baroud d'honneur du colonel déchu, la ville constitue un trophée stratégique et symbolique pour ses adversaires dans leur conquête du pays. Le CNT a offert une récompense de 1,3 million de dollars pour la capture de Mouammar Kadhafi mort ou vif.

Les forces en provenance de l'Est ont progressé de 7 km après avoir dépassé le village de Bin Jaouad et contrôlaient le carrefour de Naoufalia, a déclaré un porte-parole. «Nous avançons lentement. Nous souhaitons laisser du temps aux négociations, donner une chance à ceux qui essaient de persuader les gens qui sont dans Syrte de se rendre et d'ouvrir la ville», a-t-il dit.

Soucieux de préserver leur image auprès de l'opinion internationale malgré les informations faisant état de partisans de Kadhafi retrouvés morts les mains liées dans le dos, le CNT a recommandé à ses combattants d'éviter les abus.

Les dirigeants du CNT à Tripoli

Selon le colonel Ahmed Bani, porte-parole militaire du CNT, environ 40'000 personnes arrêtées par les forces kadhafistes restent portées disparues. Certaines pourraient encore être détenues dans des bunkers souterrains à Tripoli, a-t-il ajouté.

La brigade Khamis, unité commandée par Khamis Kadhafi, l'un des fils de Mouammar, semble responsable de la mort de 45 détenus dans un entrepôt des environs de Tripoli, a déclaré Sarah Leah Wilson, directrice de l'organisation Human Rights Watch (HRW) pour le Proche- Orient et l'Afrique du Nord.

Le CNT, reconnu par plus de 40 pays comme autorité légitime de la Libye, consolide son emprise sur la capitale après des journées de combats et de confusion. Il compte transférer ses dirigeants cette semaine de Benghazi à Tripoli.

Dans la capitale, la situation était calme lundi, mais le manque d'eau continuait à se faire sentir, avec une multiplication des coupures de courant.

(ats)

Le groupe pétrolier italien Eni signe un accord avec le CNT

Le groupe pétrolier italien Eni a signé lundi un accord avec le Conseil national de transition (CNT), organe politique des rebelles libyens. Il pourra reprendre ses activités en Libye et fournir des hydrocarbures à la population.

Annoncé jeudi par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à l'issue d'une rencontre à Milan avec le numéro deux de la rébellion libyenne Mahmoud Jibril, cet accord a été signé à Benghazi. Il «renforce la coopération en Libye entre Eni et le CNT», a indiqué le groupe dans un communiqué.

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