Actualisé 23.08.2011 à 22:52

LibyeLes rebelles prennent le QG de Kadhafi à Tripoli

Les rebelles libyens ont pris mardi le contrôle du quartier-général de Mouammar Kadhafi à Tripoli après plusieurs heures de combats acharnés.

Les rebelles libyens ont réussi mardi à prendre le contrôle du quartier-général de Mouammar Kadhafi à Tripoli, après plusieurs heures de combats acharné et trois jours après leur entrée dans la capitale libyenne. Le sort de la famille Kadhafi restait inconnu.

«Les rebelles ont défoncé les murailles en béton de l'enceinte et ont pénétré dedans. Ils ont pris Bab al-Aziziya (QG de Kadhafi), entièrement, c'est fini», a constaté un correspondant de l'AFP sur place.

Des journalistes de Reuters ont vu plusieurs centaines d'insurgés armés pénétrer à l'intérieur du QG de Bab al Aziziah, où ils se sont un temps heurtés à des poches de résistance et à des tireurs isolés.

Après plusieurs heures d'intenses combats, les rebelles ont pu investir des dizaines de bâtiments, ont pillé une armurerie et ont saisi des armes et des véhicules. Ils ont ensuite célébré leur victoire par des coups de feu en l'air.

L'émissaire des rebelles auprès des Nations unies a affirmé que le QG était «totalement aux mains des révolutionnaires» et a prédit que la ville de Syrte, dont est originaire Kadhafi, serait prise dans les deux prochains jours. «Nous nous attendons à voir la Libye totalement libérée et totalement pacifiée dans les prochaines 72 heures», a dit Ibrahim Dabbachi.

Repli vers Syrte

En revanche, aucune précision n'a été fournie sur Kadhafi lui- même, les membres de sa famille et les dirigeants libyens. Ils pourraient être retranchés dans un bunker ou pourraient se cacher dans des habitations de la capitale.

«Nous ne pensons pas qu'il ait quitté le pays. Nous pensons qu'il est encore en Libye. Nous pensons qu'il se trouve soit à Tripoli, soit dans ses environs», a dit un porte-parole rebelle interrogé par la BBC.

Sur le front est, les kadhafistes ont abandonné l'important port pétrolier de Ras Lanouf, où aucun dégât apparent n'a été signalé, et ont commencé à se replier vers Syrte, a ajouté un porte-parole.

Les plus violents combats

L'euphorie des premières heures et l'espoir d'une chute éclair du pouvoir libyen étaient retombés mardi matin, avec la reprise des combats à Tripoli. Les affrontements autour du complexe résidentiel de Mouammar Kadhafi étaient les plus violents enregistrés depuis le début de l'assaut, selon des journalistes sur place.

Non loin de là, l'hôtel Rixos, où sont logés les journalistes étrangers, a été secoué par une forte explosion à proximité. La déflagration a créé un mouvement de panique parmi les reporters qui se sont réfugiés au sous-sol, alors que les soldats du régime se tenaient devant l'établissement.

L'OTAN, qui fournit un appui aérien aux rebelles, a affirmé que le colonel Kadhafi ne représentait pas une cible pour ses forces. Mais l'Alliance soutient que la fin du régime «est proche» et que ses partisans mènent une «bataille perdue».

Seif al Islam crée la surprise

Le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, avait même annoncé l'arrestation dimanche de Seif al- Islam, influent fils de Mouammar Kadhafi. Mais le deuxième fils du dirigeant libyen a créé la surprise dans la nuit en apparaissant en personne devant des journalistes.

«Je suis là pour démentir les mensonges», a déclaré Seif al- Islam, tout sourire, à des journalistes emmenés à bord d'une voiture blindée à Bab Al-Aziziya. «Kadhafi et toute la famille sont à Tripoli», a-t-il également dit un peu plus tard à l'hôtel Rixos, sans préciser de lieu exact.

Placés en résidence surveillée

Seif al-Islam est visé comme son père par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité commis depuis le 15 février, date à laquelle a éclaté la rébellion qui s'est ensuite transformée en conflit armé. Un autre fils de Mouammar Kadhafi, Mohamed, dont la rébellion avait également annoncé la détention lundi, s'est échappé, a dit un haut responsable des rebelles à Benghazi.

Les principaux responsables politiques de la rébellion se sont refusés à tout commentaire sur Seif al-Islam et Mohamed. «Nous aurions pu les emprisonner, mais nous avons souhaité qu'ils soient bien traités», a dit une source rebelle, laissant entendre que les deux hommes avaient été placés en résidence surveillée.

Otan inquiète

L'Alliance atlantique, et en particulier Washington, s'inquiètent désormais de la résistance opposée par les forces loyalistes. Les Etats-Unis surveillent les dépôts d'armes chimiques, craignant qu'ils passent aux mains d'organisations hostiles à l'Occident.

Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a convoqué un sommet sur la Libye cette semaine. Le Groupe de contact se réunira jeudi à Istanbul et un sommet du Conseil de paix et de sécurité africain est prévu vendredi à Addis Abeba.

Débloquer les fonds

Pour aider les insurgés dans cette période charnière, Washington entend débloquer entre un milliard et un milliard et demi de dollars d'avoirs libyens qui avaient été gelés, a annoncé Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat. La Suisse s'apprête à prendre une mesure similaire, mais attend le feu vert des Nations unies. (ats)

Le CNT va transférer son siège de Benghazi à Tripoli

Le Conseil national de transition libyen (CNT) transfèrera dans les 48 heures son siège actuel de Benghazi à Tripoli, la capitale, a annoncé Ahmed Bani, porte-parole militaire de l'insurrection, à la chaîne de télévision qatarie Al Djazira.

Les rebelles ont pénétré ce mardi dans la caserne de Bab al Aziziah, le complexe fortifié qui sert de résidence à Mouammar Kadhafi, qui est toujours introuvable.

Par ailleurs, le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, a annoncé à Doha la tenue mercredi dans la capitale du Qatar d'une réunion internationale, avec la participation des Etats-unis, sur une assistance humanitaire urgente de 2,5 milliards de dollars au peuple libyen.

Outre les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Turquie, le Qatar et les Emirats arabes unis doivent prendre part à la réunion de Doha, a ajouté M. Jibril, président du Comité exécutif du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, lors d'une conférence de presse mardi.

Etre dignes de la révolution

L'objectif de cette rencontre, «c'est de réunir au profit du CNT la somme de 2,5 milliards de dollars avant la fin du ramadan pour pouvoir payer les salaires de Libyens» et pour répondre aux besoins humanitaires urgents dans son pays, a-t-il ajouté. Le ramadan, mois de jeûne musulman, doit s'achever le 30 ou le 31 août.

«La transition commence immédiatement» pour construire une «Libye nouvelle», a encore déclaré Mahmoud Jibril. «Il y aura la première élection constitutionnelle, mais en attendant nous vous demandons d'être dignes de la révolution et de construire un nouveau pays», a- t-il ajouté.

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