Yémen: Les rebelles s'emparent du palais présidentiel
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YémenLes rebelles s'emparent du palais présidentiel

Les rebelles chiites Houthis se sont emparés jeudi du palais présidentiel à Aden où le chef de l'Etat s'était réfugié avant de fuir pour l'Arabie saoudite.

«Des dizaines de miliciens Houthis et leurs alliés, arrivés à bord de blindés et de transports de troupes, viennent d'entrer au palais présidentiel Al-Maachiq», a déclaré un haut gradé des services de sécurité, qui a été témoin de l'arrivée des rebelles dans le complexe.

Ces miliciens ont rencontré une forte résistance de forces paramilitaires, appelées «comités populaires», qui tentaient en fin d'après-midi de les déloger du complexe, un ensemble de bâtiments nichés au sommet d'une colline qui descend abruptement vers la mer.

En début de soirée, un responsable du ministère de la Défense a confirmé la prise du palais. Il a précisé qu'il était désormais contrôlé par «des forces spéciales de la Garde républicaine, fidèles à Ali Abdallah Saleh», l'ex-président.

«Vingt (rebelles) Houthis ont été tués dans les combats», a indiqué à l'AFP une source militaire, alors qu'une source médicale a fait état de «la mort de 18 civils et de 6 membres des comités populaires».

Campagne aérienne

Ce développement significatif est intervenu au huitième jour de la campagne aérienne d'une coalition arabe dirigée par Riyad. Elle a juré de défaire les rebelles chiites Houthis qui contrôlent déjà la capitale Sanaa et plusieurs régions du Yémen.

En dépit des affirmations de la coalition sur un strict blocus maritime, des militaires fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh et alliés aux Houthis, ont apparemment effectué un petit débarquement de renforts à Aden jeudi.

«Je peux vous confirmer (que les éléments qui ont débarqué à Aden) ne sont pas des forces spéciales saoudiennes», a déclaré à l'AFP un conseiller saoudien qui a refusé d'être identifié. Il s'agit de «forces spéciales yéménites loyales» à l'ex-président Saleh, a-t-il assuré.

Stopper l'influence de l'Iran

Selon un diplomate occidental à Riyad, les rebelles «maintiennent la pression sur Aden qui est le point faible dans la stratégie saoudienne». Les forces favorables au président Abd Rabbo Mansour Hadi y sont désorganisées, selon lui.

Avec cette opération de la coalition arabe, l'Arabie saoudite sunnite a dit vouloir stopper «l'influence» de l'Iran chiite auxquels sont liés les Houthis.

Cependant, en dépit de nombreuses frappes qui ont permis de dégrader ou de détruire une partie des installations de ses ennemis, la coalition commence à faire face à des critiques en raison des dommages collatéraux provoqués par les raids.

Crise humanitaire

Les morts et les blessés civils se comptent par centaines depuis le 26 mars. A l'instar d'agences de l'ONU et de nombreuses ONG, Action contre la faim a appelé la communauté internationale à «reconnaître la sévérité de la crise humanitaire», jugeant nécessaire une assistance «massive».

Signe également de difficultés de la coalition, l'Arabie saoudite a annoncé jeudi qu'un garde-frontière avait été tué et dix blessés par des «tirs nourris depuis une zone montagneuse à l'intérieur» du Yémen.

Assaut d'Aqpa

Profitant du chaos dans l'ensemble du Yémen, le réseau Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa) a lancé jeudi avant l'aube un assaut contre la prison centrale de Moukalla, dans la province de Hadramout, voisine d'Aden. Il a libéré plus de 300 détenus, dont un de ses chefs Khaled Batarfi, selon une source de sécurité.

Les insurgés d'Al-Qaïda ont attaqué également plusieurs bâtiments publics à Moukalla et des affrontements ont éclaté sur le port, autour d'un palais présidentiel, de la Banque centrale et des locaux des services de renseignements, défendus par des gardes armés, ont indiqué des sources sécuritaires.

(afp)

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