Ukraine: Les rebelles se préparent à une guerre longue
Actualisé

UkraineLes rebelles se préparent à une guerre longue

Les rebelles se préparent à un conflit de longue durée. Reportage.

«Nous réparons ce char qui a été touché par des tirs de mortier de 120mm hier. La guerre va être longue. Si Kiev voulait la paix, tout serait fini depuis longtemps», lance un commandant rebelle à Loukové, petit village de l'est de l'Ukraine.

Devant des champs de tournesols coupés, le commandant qui répond au nom de guerre de «Starchina» (Sergent) montre les positions ukrainiennes à trois kilomètres de là, à Tchermalyk: «à droite, vous voyez leurs chars et leurs mortiers, à gauche ils ont des lance-roquettes multiples Grad. Et partout, ils creusent des abris et renforcent leurs positions», affirme-t-il.

Entre les lignes ukrainiennes et les premières positions des rebelles prorusses, des champs et une petite rivière.

Au moment où «Starchina» vient inspecter les premières lignes au village voisin de Tavritcheské, un petit garçon de cinq ans s'approche et montre avec fierté ce qu'il vient de trouver dans les champs: un éclat de mortier qui remplit presque totalement sa petite main. «Il y en a plein d'autres dans ce coin», répond-il quand on lui demande s'il n'a pas peur.

«Ca tire tous les jours. Aujourd'hui, ça a commencé dès le matin. Je ne vois pas pourquoi nous avons signé un accord de cessez-le-feu», poursuit «Starchina».

Trêve ignorée

Derrière lui, deux soldats s'affairent à réparer le char dont la tourelle a été touchée. Un peu plus loin, deux autres blindés sont plus ou moins cachés sous les arbres. «Nous avons pris tout ça aux forces ukrainiennes», affirme «Starchina», un homme de 45 ans à la carrure athlétique.

Comme lui, de nombreux soldats de son unité sont originaires de Slaviansk, place-forte des séparatistes qui a été reprise en juillet par les forces ukrainiennes après de violents combats.

A une trentaine de kilomètres des positions tenues par «Starchina», sur la route qui mène à Novoazovsk, sur la mer d'Azov, des journalistes de l'AFP sont arrêtés à un barrage tenu par les rebelles. Motif officiel: les forces ukrainiennes tirent sur les abords de Novoazovsk et personne ne passe.

Un peu plus tard, le porte-parole des forces ukrainiennes à Kiev Vladislav Seleznev, donne une version radicalement différente et affirme que les positions ukrainiennes dans cette zone ont été bombardées par les rebelles, à l'artillerie, puis avec des lance-roquettes multiples Grad.

«L'hiver sera rude»

En dépit des accords de cessez-le-feu signé le 5 septembre à Minsk sous les auspices de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) entre des chefs rebelles et l'ancien président ukrainien Léonid Koutchma, qui représentait Kiev, la situation est loin d'être revenue au calme partout dans l'est de l'Ukraine.

Après la signature du cessez-le-feu, l'intensité des combats a considérablement diminué et le nombre des morts aussi. Toutefois, des quartiers de Donetsk, principal fief des séparatistes prorusses, sont encore bombardés quasi quotidiennement de même que des zones en pleine campagne dont l'intérêt militaire paraît souvent incertain.

Les températures hivernales qui descendent la nuit au-dessous de zéro rendent difficile la vie des combattants sur le terrain, mais tous s'attendent à une prolongation des combats. «L'hiver sera rude. Nous nous préparons», plaisante un jeune soldat, ancien chauffeur de taxi à Donetsk, en train de couper du bois à un barrage.

Le bois sert à alimenter les chauffages de fortune des combattants et, pour les plus habiles, à construire des abris permettant de mieux résister au froid et à la pluie. (ats)

Ton opinion