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SyrieLes rebelles tentent de reprendre Alep

Les rebelles syriens ont lancé mardi une offensive pour prendre le centre d'Alep (nord)et combattent l'armée aux portes de la vieille ville. Le CNS a estimé que la fin du régime approchait.

Les rebelles syriens ont lancé mardi une offensive pour prendre le centre d'Alep (nord). Selon des habitants, ils combattent l'armée aux portes de la vieille ville. , annonçant qu'une personnalité de l'opposition sera chargée de superviser la transition.

L'armée syrienne continuait en revanche à conforter ses positions à Damas au terme d'une semaine d'affrontements très violents avec les rebelles. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les militaires ont pris d'assaut les quartiers de Qadam et Aassali, deux des dernières poches de résistance rebelle au sud.

«A la suite de l'assaut, les forces régulières ont mené des perquisitions et des arrestations», a encore précisé l'ONG, basée à Londres. Lundi, l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de la capitale, mais des accrochages subsistaient dans les quartiers de Qadam et de Hajar el-Aswad.

Sur l'autre front, l'armée loyaliste semble avoir plus de difficultés. Selon un homme d'affaires local, les combats font rage près de Bab al-Hadid et Bab al-Nasr, deux des portes du vieux quartier de la vieille ville d'Alep, inscrite au Patrimoine mondial. Une habitante a fait de son côté état de violents échanges de tirs.

Selon un commandant rebelle, qui dirige l'unité des «Martyrs d'Alep», l'opposition commence à manquer de munitions. Les forces du président Bachar al-Assad bombardent actuellement la campagne située au nord d'Alep pour freiner la progression des rebelles, a-t-il ajouté. D'après l'OSDH, les violences ont fait au moins 80 morts mardi, dont 49 civils.

«Victoire contre la clique sanglante»

Le CNS a de son côté estimé que le peuple syrien était «sur le point de parvenir à la victoire contre la clique sanglante au pouvoir». Il a également annoncé dans un communiqué que «la présidence du pouvoir transitoire sera attribuée à une personnalité nationale de consensus émanant de l'opposition», qui «n'a pas fait partie du régime».

Le CNS a en effet réitéré son refus d'un gouvernement d'union nationale présidé par une personnalité du régime Assad. Un membre du Conseil avait affirmé que l'opposition était «d'accord pour le départ d'Assad et le transfert de ses pouvoirs à une des personnalités du régime pour diriger une période de transition à l'instar de ce qui s'est passé au Yémen».

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Russie, Chine) avaient également évoqué un tel scénario en juin à Genève.

Ils étaient tombés d'accord sur le principe d'une transition avec un nouveau gouvernement comprenant des représentants du régime et de l'opposition, sans toutefois mentionner le départ du président syrien.

Depuis, cet accord a suscité des interprétations radicalement divergentes. Paris et Washington estiment qu'il donne des garanties sur une transition sans le dirigeant syrien tandis que Moscou et Pékin, opposés au départ forcé d'Assad, maintiennent qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a encore répété mardi qu'il n'était «pas trop tard» pour le président Bachar al- Assad d'amorcer une transition du pouvoir.

Transfert d'armes chimiques

Au lendemain de la menace de Damas d'user de ses armes chimiques en cas «d'agression extérieure», le régime syrien a en outre procédé mardi à une série de nominations à la tête des différents organismes de sécurité. Il a notamment chargé le général Mamlouk, un homme de confiance du président Assad, de diriger le bureau de la sûreté nationale, et désigné le général Rustom Ghazalé comme chef de la sécurité politique.

L'Armée syrienne libre (ASL) a de son côté accusé mardi le régime d'avoir transféré certaines de ses armes chimiques près des frontières du pays. Un haut responsable du ministère israélien de la Défense, Amos Gilad, s'est quant à lui voulu rassurant, déclarant que le régime syrien contrôlait «totalement» son arsenal d'armes chimiques.

Selon lui, le mouvement armé chiite Hezbollah, allié libanais de Damas, ne «dispose pas d'armes chimiques venant de Syrie».

(ats/afp)

In fine, pas d'impunité pour Assad, estime la France

Au final, il n'y aura pas d'impunité pour le président syrien Bachar al-Assad comme l'a proposé la Ligue arabe car «tous les dictateurs doivent payer» pour leurs crimes, a déclaré mardi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

«La Ligue arabe a fait cette proposition mais je pense que sur la longue période tous les dictateurs devront payer leurs crimes», a-t-il affirmé à la chaîne de télévision France 2 en évoquant un bilan «de 20.000 personnes qui sont mortes» depuis mars 2011.

«Finalement, pour lui et pour d'autres dictateurs, il n'y aura pas d'impunité», a insisté le ministre. Selon lui, «Assad va tomber, simplement c'est une question de temps». «Le plus vite sera le mieux», a-t-il ajouté.

«Un tyran ne peut pas rester éternellement contre son peuple», a poursuivi Laurent Fabius, en appelant dans la préparation de l'après-Assad à l'émission d'«un message» à l'intention des communautés minoritaires syriennes (alaouites, chrétiens...) pour que la future Syrie s'engage à protéger leurs droits. «Il ne faut pas que la chute de Bachar al-Assad entraîne une persécution des minorités», a-t-il dit.

Les chefs de la diplomatie des pays de la Ligue arabe, réunis en fin de semaine dernière à Doha, ont appelé le président syrien, qui fait face à une révolte armée, à renoncer rapidement au pouvoir en échange d'une sortie «sûre» pour lui-même et sa famille.

La Syrie a rejeté lundi cette proposition, soulignant que le peuple syrien était «le seul maître de son sort».

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