Actualisé 27.08.2011 à 13:05

LibyeLes rebelles veulent restaurer les services

Les rebelles ont affirmé travailler à restaurer les services essentiels à Tripoli, cinq jours après leur entrée dans le QG de Mouammar Kadhafi, tout en reconnaissant la difficulté de la tâche.

Trois responsables du Conseil national de transition (CNT) ont, dans un premier briefing de presse, fait le point sur ces efforts alors que certaines poches de résistance persistent dans la capitale.

«Nous avons 30.000 tonnes de carburant qu'on va commencer à distribuer à partir d'aujourd'hui», a précisé Mahmoud Chammam, porte-parole rebelle, annonçant la distribution de bonbonnes de gaz dans les prochaines 48 heures et le début de la réparation de la raffinerie de Zawiyah.

De l'eau bientôt distribuée

Des quantités d'eau seraient distribuées prochainement, a-t-il ajouté, en avertissant qu'«il ne faut pas oublier qu'on commence à partir de presque zéro» et en invitant les fonctionnaires et les ouvriers des services publics à reprendre le travail et à «collaborer avec nous».

De même, M. Chammam a indiqué que les rebelles allaient relancer la télévision et les radios pour mieux informer le public.

Lui succédant, Oussama Abed Abed, vice-président du Conseil municipal de Tripoli, nouvellement constitué, a indiqué que les priorités touchaient aux secteurs de la santé, de l'électricité, de l'eau et des communications.

De son côté, Fayçal Gergea de l'équipe de stabilisation de Libye a assuré que le plus important était de «faire de cette période difficile la plus courte possible».

Auparavant, M. Chammam a catégoriquement démenti que l'approvisionnement en eau de Tripoli ait été interrompu par des forces loyales à Mouammar Kadhafi.

«Mais pas du tout», a-t-il déclaré en réponse à la question de savoir si l'approvisonnement en eau de Tripoli avait été coupé par des pro-Kadhafi comme l'affirment des habitants confrontés à une pénurie. «On a certains problèmes techniques et on est en train de s'en occuper», a affirmé Mahmoud Chamman.

L'eau se fait rare dans certains quartiers de Tripoli et un membre du personnel d'un hôpital de la capitale a assuré que l'eau acheminée à Tripoli par des aqueducs géants avait été coupée au niveau de Jebel Hassouna, à quelque 700 km au sud de la capitale.

Forte inflation

En plus de leur rareté, les prix des produits de première nécessité ont fortement augmenté. L'essence coûte 20 fois plus cher qu'avant la soulèvement contre le régime et le prix du lait a plus que doublé.

Le régime de Kadhafi a doublé les salaires au début des troubles mais cela n'est pas suffisant pour combler la hausse des prix, indiquent les habitants.

Tripoli compte quelque deux millions d'habitants. Certains quartiers disposent de puits mais les coupures d'électricité compliquent la distribution de l'eau alors que les températures sont très élevées dans la capitale.

Un ingénieur de l'hôtel Corinthia, où logent les journalistes, a fait état de difficultés d'approvisionnement en eau de l'établissement qui survit, selon lui, grâce à un immense réservoir.

Route rouverte

Concernant la situation à Tripoli, M. Chamman a déclaré que Tripoli était la «capitale qui avait changé de mains le plus rapidement dans l'Histoire», mais qu'il était normal de devoir affronter «quelques poches de résistance».

M. Chammam a estimé par ailleurs que la route côtière reliant Tripoli au poste frontalier de Ras Jdir avec la Tunisie serait ouverte dès que les combats cesseront autour de la ville de Zouara à 90 km à l'ouest de la capitale. Le poste frontalier est passé vendredi aux mains des rebelles.

Cette route est essentielle pour l'approvisionnement de la capitale en produits alimentaires à la veille de la fête de l'Aïd el-Fitr, marquant la fin du jeûne du ramadan qui est prévue dans quatre jours.

(afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!