Incendie de Londres: Les recherches continuent, le bilan pourrait s'aggraver
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Incendie de LondresLes recherches continuent, le bilan pourrait s'aggraver

L'incendie qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi une tour de logements sociaux à Londres a fait au moins 12 morts.

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Le juge retraité Martin Moore-Bick, qui dirige l'enquête publique, a ouvert la séance lundi en faisant observer 72 secondes de silence, en référence à chacune des victimes.

Le juge retraité Martin Moore-Bick, qui dirige l'enquête publique, a ouvert la séance lundi en faisant observer 72 secondes de silence, en référence à chacune des victimes.

AFP/ben Stansall
Les migrants clandestins figurant parmi les 250 survivants se verront offrir une autorisation de résidence permanente par le gouvernement britannique. (Mercredi 11 octobre 2017)

Les migrants clandestins figurant parmi les 250 survivants se verront offrir une autorisation de résidence permanente par le gouvernement britannique. (Mercredi 11 octobre 2017)

AFP
Une audience s'est ouverte avec une minute de silence en mémoire des victimes et un hommage a également été rendu aux survivants à Londres (Jeudi 14 septembre 2017).

Une audience s'est ouverte avec une minute de silence en mémoire des victimes et un hommage a également été rendu aux survivants à Londres (Jeudi 14 septembre 2017).

Keystone

Les recherches se poursuivaient jeudi au petit matin pour tenter de retrouver les victimes de l'incendie qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi une tour de logements sociaux à Londres, faisant au moins 12 morts. Selon un bilan qui risque fort de s'aggraver.

Dans un communiqué sur Facebook, le maire de Londres, Sadiq Khan, a fait part de ses craintes à propos du bilan des 12 morts: «Un chiffre dont je crains qu'il n'augmente», a-t-il dit mercredi soir.

Les résidents ont mis en cause une gestion jugée très déficiente et l'enquête sur l'origine de l'incendie devrait ouvrir des pistes permettant d'établir les éventuelles responsabilités. Des 78 personnes hospitalisées, 18 étaient dans un état critique, et de nombreuses personnes restaient portées disparues, laissant craindre un bilan beaucoup plus lourd.

Des recherches qui vont durer plusieurs jours

«Une opération de recherche complexe sur plusieurs jours» s'engage désormais, selon Stuart Cundy, commandant à la Metropolitan Police, qui ne s'attendait pas à trouver d'autres survivants.

«J'ai entendu crier de partout et vu des gens sauter de leur fenêtre. La tour était complètement en feu. C'était l'horreur», a raconté à l'AFP Khadejah Miller, qui habite un immeuble voisin et a été évacuée par précaution. D'autres témoins ont vu des parents jeter leurs enfants par la fenêtre pour tenter, dans un geste désespéré, de les sauver du brasier qui ravageait cette tour comportant 120 appartements sur 24 étages, près du quartier chic de Notting Hill, dans l'ouest de Londres.

La façade de la tour Grenfell, datant de 1974, était presque complètement calcinée mercredi après-midi. Alors que quelques flammes étaient encore visibles à la mi-journée, la cheffe des pompiers de Londres Dany Cotton, qui a reconnu n'avoir «jamais vu quelque chose d'une telle envergure», a écarté la possibilité d'un effondrement de l'immeuble. Des ingénieurs inspectaient la structure.

Les résidents sont en colère

L'origine du sinistre restait inconnue mais la colère montait parmi les résidents qui pointaient des défaillances à répétition. «90% des résidents ont signé une pétition fin 2015 se plaignant de la mauvaise gestion de l'entreprise responsable de la maintenance de l'immeuble», a souligné David Collins, président de l'association des résidents de la tour jusqu'en octobre dernier.

«J'ai entendu que certaines alarmes incendie n'ont pas fonctionné, ça ne m'étonne pas. Je suis sous le choc, effondré, mais pas surpris», a-t-il dit à l'AFP. David Collins a également pointé la responsabilité de la municipalité du quartier de Kensington et Chelsea, affirmant qu'une enquête indépendante lui avait été, en vain, demandée par l'association.

Des documents en ligne datant d'un an environ montrent qu'un collectif de résidents s'était plaint à plusieurs reprises de l'état de l'immeuble et des risques d'incendie potentiels, évoquant notamment des problèmes d'éclairage et de sortie de secours.

L'organisme public KCTMO (Kensington & Chelsea Tennant Management Organisation), gestionnaire de la tour, a reconnu dans un communiqué «être au courant des préoccupations soulevées de longue date par des résidents». «Il est trop tôt pour spéculer sur les causes de l'incendie», a-t-il ajouté.

Mandatée par la municipalité de Kensington et Chelsea, la société Rydon a expliqué avoir procédé à une «rénovation» de près de 10 millions d'euros de l'immeuble, qui «a passé tous les contrôles obligatoires en matière de normes incendie et de règles de sécurité». Selon plusieurs résidents, ces travaux ont cependant pu jouer un rôle dans la propagation du feu, extrêmement rapide.

Le risque a-t-il bien été pris en compte ?

Salah Chebiouni, 45 ans, qui a réussi à sortir de l'immeuble à temps, a déclaré à l'AFP que cela sentait «le plastique brûlé» et déploré une rénovation à bas coûts: «Ca ressemblait à du métal. Je pensais qu'ils avaient fait quelque chose de bien. En fait, c'était du plastique». Pour le Dr Angus Law, spécialiste de la question à l'université d'Edimbourg, il semblerait que «la nature du revêtement extérieur soit grandement responsable de la rapidité avec lequel le feu s'est propagé».

Gavin Barwell, nouveau directeur de cabinet de la Première ministre Theresa May et ancien ministre du logement, a été accusé par le tabloïd de gauche The Daily Mirror de s'être assis sur un rapport vieux de plusieurs années sur le risque d'incendie dans des immeubles tels que la tour Grenfell.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a appelé à ce que «des réponses» soient apportées tandis que le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn estimait que les mesures d'austérité du gouvernement conservateur avaient leur part de responsabilité: «Si vous privez les autorités locales des financements dont elles ont besoin, c'est le prix à payer». Theresa May est «profondément attristée» par le drame et «tenue au courant des développements», a déclaré un porte-parole de Downing Street. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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