Grippe porcine: Les recommandations non contraignantes de l'OMS
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Grippe porcineLes recommandations non contraignantes de l'OMS

Le passage à la phase 5 d'alerte, décidée mercredi soir par l'OMS, donne le signal aux gouvernements qu'ils doivent renforcer leurs préparatifs à une pandémie.

Les mesures à prendre varient d'un pays à l'autre selon le nombre de cas de grippe porcine.

Dans la phase 5 comme pour la phase 4 qui a précédé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande aucune restriction particulière aux voyages ni fermeture des frontières. Les contrôles aux frontières ne sont pas efficaces, car la personne infectée n'a pas forcément de symptômes à ce moment.

Le virus s'est déjà propagé

«Le virus est déjà présent dans différents pays. Le fait de ne pas voyager ne va pas aider», explique un spécialiste de l'OMS, Steven Lauwers, interrogé jeudi par l'ATS. Les gouvernements sont libres de recommander à leurs ressortissants de ne pas voyager dans les pays où il y a des cas.

L'OMS ne recommande pas non plus en phase 5 le port du masque comme mesure générale de prévention. «Le port du masque en Suisse n'est pas nécessaire. Il peut l'être au Mexique s'il y a beaucoup de cas», nuance le responsable de l'agence de l'ONU.

«Il faut rester calme, travailler et vivre de façon normale et surtout ne pas paniquer», ajoute-t-il.

Les individus en bonne santé doivent rester informés, et prendre des mesures d'hygiène élémentaires, comme se laver les mains fréquemment, tousser dans un mouchoir un papier qu'ils jettent ensuite. Il ne faut pas prendre de médicaments antiviraux si l'on n'est pas malade.

En cas de symptômes

Si des symptômes de grippe apparaissent, comme la fièvre, la toux, des douleurs musculaires, il faut consulter son médecin. Les symptômes de la grippe porcine sont les mêmes que pour la grippe saisonnière, précise Steven Lauwers.

«Si l'on a des symptômes, il ne faut pas trop attendre et rester à la maison au lieu d'aller travailler», recommande le représentant de l'OMS. Il faut alors éviter les contacts rapprochés avec des membres de sa famille ou des proches.

Si plusieurs cas de transmisison interhumaine sont confirmés dans une région donnée, les autorités peuvent décider de fermer les écoles et de limiter les réunions publiques.

Stocks de Tamiflu

De leur côté, les gouvernements des pays touchés doivent s'assurer qu'ils ont assez de stocks de Tamiflu, médicament efficace contre le virus A/H1N1. L'OMS dispose de cinq millions de traitement du médicament de Roche, soit 50 millions de doses, et peut les mettre à la disposition des pays qui n'auraient pas assez ou pas du tout de ces médicaments, indique l'agence de l'ONU.

L'OMS préconise aussi l'augmentation de la production du Tamiflu comme produit générique à bas prix pour le mettre à disposition du plus grand nombre de pays.

Production d'un vaccin

L'OMS est par ailleurs entrée en contact avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques pour étudier la production d'un vaccin contre le virus de la grippe porcine. Il faudra environ quatre mois pour produire ce vaccin, précise Steven Lauwers.

Le représentant de l'OMS souligne que plusieurs personnes ont déjà été guéries de la grippe porcine et que le virus a été dans ces cas-là inoffensif. On ignore encore le degré de sévérité de l'épidémie.

«Nous ne savons pas comment le virus va évoluer. Beaucoup de données sont encore inconnues. Il faut analyser les modes de transmission et les causes des décès», conclut prudemment le spécialiste. (ats)

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