Actualisé 02.12.2007 à 13:43

Les recrues pourraient devoir exposer leur casier judiciaire

L'armée était au courant des délits portés au casier judiciaire de la recrue qui a abattu sans motif apparent une jeune fille, le 23 novembre, à un arrêt de bus de Höngg (ZH).

Le cas a été examiné mais seule la loi enfreinte et la sanction infligée étaient mentionnées, sans détails. C'est ce qu'a confirmé dimanche le Département fédéral de la défense (DDPS). Pour l'armée, la transparence du casier judiciaire des recrues est une nécessité.

La question de savoir si le meurtre commis par la recrue de 21 ans aurait pu être évité a été largement posée par les médias. Le fait que l'armée était au courant des délits déjà commis par la recrue est établi. Le porte-parole de l'armée, Sebastian Hueber, a confirmé que les responsables s'en étaient tenu à l'énoncé des délits et des sanctions. Ils ne pouvaient pas savoir que les dommages à la propriété étaient reliés à un acte de caractère extrémiste. S'ils l'avaient su, le jeune homme aurait été exclu de l'armée. Actuellement, la protection des données personnelles n'autorise pas à donner plus de détails.

Selon le «SonntagsZeitung», le meurtrier avait lancé, dans le cadre des manifestations contre le WEF, un cocktail Molotov dans l'entrée de l'immeuble de l'OSEC - l'organisation de soutien aux exportations - à Zurich. Cette affirmation recoupe les déclarations du Ministère public zurichois qui avait parlé à l'époque d'une explosion avec de faibles dégâts matériels.

Nécessité

Selon le brigadier Daniel Berger, cité par la «NZZ am Sonntag», il serait nécessaire que les délits commis par les recrues soient systématiquement annoncés au commandant dès le début de l'école.

Toutes les recrues devraient fournir un extrait de leur casier judiciaire avant de pouvoir toucher une arme de guerre. C'est ce que propose pour sa part, le président de la Société suisse des officiers (SSO), Michele Moor. «Toute personne devrait montrer un extrait de son casier judiciaire avant de toucher une arme militaire, comme c'est d'ailleurs déjà le cas depuis longtemps lors de l'achat d'une arme civile à balles «, a confirmé Moor, suite à une interview de l'hebdomadaire «Sonntag». Le président de la SSO estime toutefois que les armes de guerre remises à la troupe devraient être gardées à domicile et non pas à l'arsenal.

A la fin de l'école de recrues qu'avait suivi le meurtrier, à Tourtemagne (VS), deux pièces de pistolets d'officier avaient disparu et les recherches de la police militaire avaient retardé la libération de la troupe. Mais ces disparitions ne sont pas en relation avgec le meurtre de Höngg. La recrue avait en effet volé la munition utilisée pour tuer, avec son fusil d'assaut, l'apprentie coiffeuse de 16 ans à l'arrêt de bus du Hönggerberg. (ap)

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