Drame de la Jungfrau: Les recrues qui ont survécu se sentaient en sécurité
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Drame de la JungfrauLes recrues qui ont survécu se sentaient en sécurité

Au deuxième jour du procès, les recrues qui ont survécu ont largement confirmé mardi les déclarations des deux guides de montagne sur le banc des accusés.

Ces survivants se sentaient en sécurité dans la pente qui a coûté la vie à six de leurs camarades.

Trois recrues ayant réchappé au drame de juillet 2007 ont été interrogées devant le tribunal militaire 7 à Coire. Toutes ont évoqué les conditions d'enneigement idéales. «J'ai toujours pensé que nous parviendrions au sommet de la Jungfrau», a déclaré l'une d'elle à la Cour. Comme deux de ses collègues, la recrue a dit se sentir en sécurité dans l'ascension.

La recrue alémanique a toutefois confirmé que son groupe s'était montré réticent la veille à l'idée de gravir la Jungfrau. Après discussion avec Roger W. toutefois, «nous avons fait confiance en l'évaluation des guides», au vu de l'expérience dont ils disposaient.

Les soldats dirigés par Pierre-Alain R. «voulaient» en revanche d'emblée «tous aller à la Jungfrau pour gravir encore un 4000 mètres, un jour après le Mönch», a-t-il ajouté. Ils ont finalement péri dans l'avalanche.

Autre option choisie

Le troisième guide de montagne engagé dans les Alpes bernoises avec des soldats lors du drame de la Jungfrau avait jugé le risque d'avalanche un peu plus élevé que les deux prévenus. Il a donc opté pour l'ascension du Mönch, a-t-il déclaré en tant que témoin aux juges militaires à Coire.

La veille de l'accident, ce guide de montagne professionnel a considéré le danger «marqué» (degré 3 sur 5) avant de se raviser le jour du drame en le qualifiant de «limité plus», selon ses dires. L'homme de 27 ans n'avait en effet pas constaté de signes alarmants durant la montée au Mönch qu'il a affectuée avec son groupe pendant que les deux autres groupes tentaient de gravir la Jungfrau.

Ascension jugée sûre

Les deux guides de montagne accusés d'homicide par négligence avaient eux jugé le danger d'avalanche «limité» (degré 2). Le militaire de carrière Roger W. et le guide civil Pierre-Alain R. croyaient à une ascension «sûre» du sommet bernois de 4160 mètres, ont-ils déclaré.

Ils étaient parvenus à cette conclusion sur la base de leurs observations le jour-même de l'accident et la veille, lors de l'ascension du Mönch voisin. Chacun a assuré avoir décidé de gravir la Jungfrau sans s'influencer réciproquement. Selon eux, ce choix a été opéré sans aucune pression de supérieurs ou liées à des ordres.

Les experts de l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches avaient pourtant évalué après coup le risque de «marqué».

Drame évitable

Les cinq recrues et le sergent décédés le 12 juillet 2007 seraient sans doute encore en vie si les deux guides avaient considéré le risque comme «marqué». Ågés de 20 à 23 ans, ils ont été emportés par une avalanche à 3900 mètres d'altitude. Six autres recrues engagées dans l'ascension et les deux guides sont sortis indemnes de leur chute.

Les deux prévenus doivent répondre des accusations d'homicide par négligence et de violation des directives de service par négligence. Ils encourent jusqu'à trois ans de prison. Le procès doit durer toute la semaine et le jugement est attendu pour vendredi. (ats)

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