Assurance chômage: Les référendaires se disent inquiets
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Assurance chômageLes référendaires se disent inquiets

N'en déplaise à la gauche, la 4e révision de la loi sur l'assurance chômage pourrait passer la rampe du vote populaire le 26 septembre.

Selon un sondage réalisé mi-août, l'opposition à la réforme est faible. Même les partis de gauche et les syndicats à l'origine du référendum se disent inquiets. Personne ne conteste la nécessité d'assainir les comptes de l'assurance, dont la dette s'alourdit d'un milliard de francs par an, mais les avis divergent sur les remèdes à apporter.

La majorité bourgeoise a imposé ses vues au Parlement. Elle a prévu d'agir sur deux fronts: une amélioration des recettes via 646 millions de francs de hausses de cotisations et une réduction des dépenses grâce à 622 millions de coupes dans les prestations.

Cotiser plus longtemps

Les assurés toucheront toujours 80% (voire 70% s'ils n'ont pas d'enfant à charge) de leur dernier salaire s'ils n'ont plus d'emploi, mais ils devront cotiser davantage et plus longtemps pour un soutien parfois plus bref. Pour obtenir les 18 mois usuels d'indemnités, ils devront avoir alimenté l'assurance aussi longtemps, soit six mois de plus qu'actuellement.

Seuls les plus de 55 ans et les titulaires d'une rente d'invalidité à au moins 40% pourront encore bénéficier de 520 jours d'indemnités. A leur grand mécontentement, les régions durement frappées par la crise ne pourront plus accéder à cette extension temporaire. Exit aussi la possibilité de prolonger la durée du chômage partiel.

Jeunes pénalisés

Les jeunes trinqueront particulièrement. Si les moins de 30 ans ne veulent pas être pénalisés par l'assurance, ils devront accepter un emploi même s'il ne tient pas compte de leurs aptitudes ou de leur formation.

Les moins de 25 ans sans enfant ne pourront en outre plus prétendre à plus de 9 mois d'indemnisation. Quant aux étudiants sans travail après leur formation, ils devront se contenter de 90 jours d'indemnités au lieu de 200, et ce après six mois d'attente.

Les délais généraux d'attente sont allongés. Certains chômeurs sans charge de famille devront patienter jusqu'à 20 jours au lieu de 5 pour voir la couleur de l'argent.

Côté cotisations, tous les assurés passeront à la caisse: la ponction salariale augmentera de 2 à 2,2% financés à part égale par l'employé et l'employeur. Un pour cent de solidarité sera en outre prélevé pour amortir la dette auprès des personnes qui gagnent entre 126'000 francs et 315'000 francs par an.

Faire payer les «top managers»

Aucune ponction n'est prévue pour les revenus allant au-delà. Un scandale pour le comité de référendum qui fait campagne avec le slogan «à eux les bonus, à nous les malus». La gauche veut sauver l'assurance en soumettant les hauts salaires dans leur totalité à des cotisations.

D'autant qu'à ses yeux, les économies prévues n'en sont guère puisqu'elles produiront surtout un transfert de charges vers l'aide sociale. Certains cantons font grise mine devant une facture qui pourrait atteindre 100 millions selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), mais, à l'image de Genève et de Neuchâtel, ils ont déjà adapté leurs budgets en conséquence.

La décrue du chômage depuis janvier pourrait détendre la situation. Le Seco anticipe un taux moyen de 3,9% pour l'année et selon la ministre de l'économie Doris Leuthard, le plus dur de la crise est passé.

Epée de Damoclès

Le Conseil fédéral est légalement obligé d'assainir l'assurance. Il a décidé fin juin que si le «non» l'emportait, il porterait le taux de cotisation à 2,5% dès l'an prochain, ce qui pèserait sur le budget de tous les ménages et les entreprises. Argument central de la campagne des partisans de la réforme, cette menace pourrait bien faire mouche.

(ats)

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