Fribourg - Les réformes de l’Hôpital fribourgeois nourrissent les inégalités de traitement
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FribourgLes réformes de l’Hôpital fribourgeois nourrissent les inégalités de traitement

Alors que deux députés s’inquiètent de l’explosion des frais d'ambulances pour une partie de la population fribourgeoise, l’HFR annonce vouloir accélérer la fermeture de l’hôpital de Billens.

par
Xavier Fernandez
Quelques années après l’hôpital de Châtel-Saint-Denis, celui de Billens est aussi voué à la fermeture.

Quelques années après l’hôpital de Châtel-Saint-Denis, celui de Billens est aussi voué à la fermeture.

romont.ch

Sur le papier, la stratégie 2030 de l'Hôpital fribourgeois (HFR) mise sur un centre hospitalier fort et des centres de santé en périphérie. S’agissant des urgences, l’HFR précise que toutes les urgences sévères sont traitées sur le site de l’hôpital cantonal, à Fribourg, et que l’HFR assure une permanence médicale dans les centres de santé pour les cas plus légers. En conséquence, dans la plupart des cas de véritable urgence, les patients sont automatiquement dirigés vers Fribourg, quel que soit le lieu où ils se trouvent.

Les députés Chantal Pythoud-Gaillard (PS) et Grégoire Kubski (PS) y voient un problème qu’il conviendrait d’anticiper: celui de l’inégalité que génèrent les coûts du transport en ambulance selon la région d’où l’on vient. «En effet, une personne subissant un accident à Enney et acheminée en ambulance à Fribourg, paiera bien plus que la même personne résidant à Villars-sur-Glâne. Il arrive également qu’un patient soit amené en ambulance pour une consultation spécialisée à l’HFR-hôpital cantonal, puis finalement ramené sur le site de Riaz pour y être hospitalisé. Ces frais de transport en ambulance sont à la charge du patient, alors qu’ils sont directement liés à la stratégie de l’HFR.»

Tenant compte de la disparition des services d’urgences à Riaz ou Tavel, les députés ajoutent: «Ces coûts supplémentaires sont ressentis comme une double punition pour les Fribourgeois habitant les régions périphériques. Il faut dès lors avoir une réponse à cette problématique et garantir une égalité de traitement en termes de tarification de ces frais d’ambulance quand bien même les ambulances ne relèvent pas des compétences directes du canton.» De plus, ils recommandent qu’une campagne de sensibilisation soit mise sur pied pour éviter que les patients «se trompent de site pour se rendre aux urgences».

L’HFR demande l’autorisation de fermer Billens

Également dans le cadre sa stratégie 2030, l’HFR prévoit de regrouper l’activité de réadaptation stationnaire sur son site de Meyriez-Morat. Cette mesure marquera la fin de cette spécialité sur le site de Billens, et donc la fermeture définitive de cet hôpital. Initialement planifié à la fin de l’année 2022, ce déménagement pourrait se réaliser plus rapidement que prévu. Dans sa séance du 23 août, le Conseil d’administration de l’HFR a décidé d’accélérer le processus pour une mise en œuvre début 2022.

En outre, l’arrivée de ces lits de réadaptation musculosquelettique à Meyriez nécessite de transférer la réadaptation cardio-vasculaire et pulmonaire vers le site de Riaz, qui possède une unité de médecine interne. Toutefois, des prestations ambulatoires de réadaptation cardio-vasculaires continueraient à être proposées sur le site de Meyriez-Morat pour la population alémanique. Aucun licenciement n’est prévu, les 51,35 EPT de Billens pourront travailler dans les autres sites et un processus d’accompagnement pour les collaborateurs sera mis sur pied.

Après la fermeture, l’hôpital de Billens devrait intégrer l’éventuel futur Centre de santé du Sud. Il est déjà convenu que l’HFR conserverait un espace sur ce site pour y proposer des prestations ambulatoires spécialisées. En parallèle, la question des lits pour des patients en attente d’une place en EMS doit également être réglée. Cette fermeture du site de Billens exige l’aval du Conseil d’Etat. Celui-ci se prononcera sur cette demande une fois le préavis de la Commission de planification sanitaire connu. Les négociations relatives à l’avenir du bâtiment de Billens vont alors pouvoir débuter.

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