Liban: Les réfugiées syriennes victimes d'exploitation
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LibanLes réfugiées syriennes victimes d'exploitation

Près de 700'000 Syriennes vivent sous le seuil national de pauvreté au Liban. Pour Amnesty, elles sont particulièrement exposées à l'exploitation.

Des réfugiées syriennes dans le camp de Bar Elias (Liban), le 26 janvier 2016.

Des réfugiées syriennes dans le camp de Bar Elias (Liban), le 26 janvier 2016.

photo: AFP

Les femmes syriennes réfugiées au Liban, rendues plus vulnérables par la chute de l'aide internationale et le durcissement des conditions d'accueil, sont victimes d'exploitation et de harcèlement sexuel, a indiqué mardi Amnesty International.

Dans un rapport publié avant une conférence de donateurs pour la Syrie prévue jeudi à Londres, Amnesty appelle la communauté internationale à un plus grand soutien financier et davantage d'efforts pour reloger les réfugiés syriens, qui ont fui leur pays en masse depuis 2011.

Selon Amnesty, 70% des réfugiés syriens au Liban voisin, dont le nombre a dépassé un million, vivent actuellement sous le seuil national de pauvreté.

Harcèlement sexuel

Les réfugiés bénéficiant d'une assistance sont confrontés à de sévères restrictions, les fonds de donateurs accordés aux Nations unies n'étant plus à la hauteur des besoins.

Selon l'ONG, les femmes réfugiées sont particulièrement exposées à l'exploitation. Nombre d'entre elles ont fait état de rémunérations très maigres et de loyers exorbitants. Certaines se disent victimes de harcèlement sexuel de la part de leurs chefs, et même de la police.

«Qu'elles soient sous-payées ou qu'elles vivent dans des habitations sales, mal isolées et infestées de rats, le manque de stabilité financière cause d'immenses difficultés aux femmes réfugiées et encourage les personnes en situation de force de profiter d'elles», souligne Kathryn Ramsay, chercheuse à Amnesty.

Le quart de la population du pays

Le renforcement des restrictions au Liban empêche de nombreux réfugiés de renouveler leur permis de résidence, les obligeant à vivre illégalement dans le pays, ce qui les contraint à ne pas porter plainte contre les abus, explique l'ONG.

Le Liban est confronté à un afflux massif de réfugiés qui représentent désormais le quart de sa population de quatre millions d'habitants, et renforce depuis l'an dernier les conditions d'accueil pour les Syriens.

Le groupe des droits de l'Homme reconnaît la pression que la crise des réfugiés a créée au Liban mais exhorte le gouvernement à alléger les restrictions.

Baisse des fonds

«Au lieu de contribuer au climat de peur et d'intimidation, les autorités libanaises devraient de toute urgence réformer leurs politiques pour assurer la protection des femmes réfugiées», a soutenu Kathryn Ramsay.

Amnesty a également appelé la communauté internationale à agir plus, soulignant que la baisse des fonds internationaux contribuait directement à l'exploitation de nombreuses personnes.

«Les pays les plus riches du monde (...) doivent faire beaucoup plus pour apaiser cette crise», a déclaré Kathryn Ramsay.

260'000 morts

«De même qu'encourager le soutien international pour la population syrienne et les réfugiés dans la région, ces pays devraient aussi partager la responsabilité de cette crise en hébergeant davantage de réfugiés».

Le conflit syrien a fait plus de 260'000 morts depuis mars 2011 et poussé à l'exode plus de la moitié de la population du pays. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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