Actualisé 15.06.2010 à 15:48

Violences au Kirghizstan

Les réfugiés évoquent viols et tortures

Des réfugiés ouzbeks, qui ont dû fuir le Kirghizstan, font état de violences à leur encontre, dont des viols et des actes de tortures.

Des réfugiés ouzbeks témoignent de violences faites à leur encontre.

Des réfugiés ouzbeks témoignent de violences faites à leur encontre.

Sous le choc après un viol collectif lors des affrontements interethniques au Kirghizstan, trois soeurs éclatent en sanglots quand des médecins essayent de comprendre ce qui s'est passé, dans un hôpital en Ouzbékistan, qui soigne des victimes du conflit.

D'après leur pénible récit, le docteur Moukaddas Majidova raconte que ces filles âgées de 16 à 23 ans ont été violées les unes devant les autres par des hommes kirghiz. «Ces filles ont été violées récemment par de nombreux hommes et pendant plusieurs heures», confie cette femme médecin à l'AFP.

Les médecins de la région ouzbèke d'Andijan (est), frontalière au Kirghizstan, sont submergés par le nombre de réfugiés à soigner -- parmi des dizaines de milliers -- qui rapportent tous des faits horribles.

«Aujourd'hui, nous avons soigné un homme de 28 ans qui a été torturé. Il avait des blessures de couteau au cou, la peau brûlée par de l'eau bouillante et a été le cible de tirs. Nous avons retiré les balles», raconte un médecin à l'hôpital d'Andijan.

Appel à l'aide internationale

L'Ouzbékistan a lancé un appel à l'aide internationale d'urgence pour s'occuper de quelque 100'000 réfugiés venus du Kirghizstan faute de capacités d'accueil, raison pour laquelle il a restreint lundi l'accès à son territoire aux réfugiés, à l'exception des blessés, des malades et des femmes enceintes.

Un journaliste de l'AFP a vu mardi deux garçons de quatre et huit ans, gravement brûlés, être transportés par d'autres réfugiés qui les ont remis aux mains de médecins ouzbeks à travers une clôture de fer au poste-frontière de Iorkichlok, côté ouzbek.

Défiguré, l'un d'eux a été «brûlé lorsque des Kirghiz ont mis le feu à la maison» où il habitait, a indiqué l'un des médecins qui s'est vu confier les deux garçons.

De l'autre côté de la frontière, sur le territoire kirghiz, un demi millier de personnes, pour l'essentiel des femmes et des enfants, étaient dans le désespoir. «C'est un génocide ouzbek», ont-ils crié pendant que certains tenaient une banderole: «S'il vous plaît, aidez les Ouzbeks!».

Distribution de vivres improvisées

Un groupe de jeunes Ouzbeks a distribué à la foule désespérée du pain et de l'eau à travers les barres de fer séparant la frontière. Durant la nuit de lundi à mardi, 24 patients, parmi lesquels des femmes enceintes, ont été pris en charge par des médecins côté ouzbek.

Une réfugiée de 27 ans, qui a mis au monde un petit garçon à l'hôpital, a raconté que sa joie avait été ternie par les inquiétudes sur le sort de son mari. «Je suis inquiète pour mon mari. Il est toujours au Kirghizstan. Je ne sais pas où», a-t-elle dit dans un hôpital du district de Khoja-Obod, en Ouzbékistan.

Ismaïl, un autre réfugié soigné pour des blessures par balles dans le dos, a raconté à l'AFP qu'il avait été touché par un tireur embusqué alors qu'il essayait d'évacuer des femmes et des enfants d'un quartier ouzbek d'Och, deuxième ville du Kirghizstan principalement touchée par les violences.

«Il y avait des snipers sur les toits de tous les immeubles. Quand on a commencé à évacuer les femmes, on nous a tiré dessus par derrière. Des gens armés nous ont chassés», a-t-il dit. (afp)

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