Union européenne: Les réfugiés sont soumis à une épreuve de survie
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Union européenneLes réfugiés sont soumis à une épreuve de survie

Selon Amnesty International, l'Union européenne n'est pas tendre envers les migrants qui cherchent à rejoindre le Vieux Continent.

Les réfugiés qui cherchent un asile sûr et les migrants en quête d'une vie plus digne sont soumis à une épreuve de survie par l'Union européenne et les gouvernements européens, écrit Amnesty International mardi. Au moins 2500 migrants se sont noyés en mer Méditerranée cette année, tandis que «l'Europe regarde ailleurs».

Dans un rapport intitulé «Des vies à la dérive», l'organisation de défense des droits de l'Homme dénonce «la honteuse passivité» de certains pays de l'UE face au drame qui se déroule à leurs portes. Amnesty demande davantage de navires de sauvetage en Méditerranée centrale.

Seule l'Italie a pris des mesures «concrètes» pour éviter de nouveaux drames en mer. Rome a mis sur pied il y a un an l'opération Mare Nostrum, qui a permis de sauver d'innombrables vies.

En 2014, plus de 130'000 réfugiés et migrants ont tenté de traverser les frontières méridionales de l'Europe par la mer, selon l'étude menée par l'organisation. «Ils ont pratiquement tous été pris en charge par la marine italienne.»

L'après Mare Nostrum

Sous la pression de Rome, l'Union européenne a chargé fin août Frontex de prolonger Mare Nostrum par un nouveau dispositif (Triton). Mais Amnesty s'interroge sur «la capacité réelle de Frontex à mener à bien des opérations de sauvetage (...)». L'agence de surveillance des frontières de l'UE ne se consacre pas au sauvetage de personnes ni à la procédure d'asile.

Et le succès de la nouvelle opération dépendra évidemment des ressources que les pays membres de l'UE mettront à sa disposition, avertit l'ONG. Amnesty craint que Mare Nostrum ne prenne fin sans que des moyens équivalents - financiers et logistiques - n'aient été engagés.

Obligation de protéger la vie

Les Etats ont «l'obligation de protéger la vie de tous ceux qui prennent la mer», rappelle le rapport. L'année dernière, 63% des migrants arrivés clandestinement dans l'UE par voie maritime venaient de Syrie, d'Erythrée, d'Afghanistan et de Somalie.

Les pays européens doivent «faire en sorte que les réfugiés puissent avoir accès à l'asile aux frontières terrestres de l'Europe, et augmenter de manière significative le nombre d'admissions de réfugiés à titre humanitaire et au titre de la réinstallation».

Dispositif de Dublin inadapté

Le rapport de l'organisation demande en outre une révision du dispositif de Dublin qui règle le traitement des demandes d'asile dans l'Union. Les Etats de l'UE doivent y ajouter un accord sur le débarquement des individus secourus, «prévoyant une solidarité et une répartition des responsabilités entre les États membres participants».

Il faut, selon Amnesty International, permettre aux requérants d'asile «d'aller là où ils ont des liens familiaux ou les relations les plus développées, et donc de meilleures chances d'intégration, en étant aidés». Le système actuel ne fonctionne pas en ce sens.

La Suisse doit faire plus

A propos de la Suisse, l'organisation estime qu'elle ne peut fermer les yeux «et renvoyer toute la responsabilité de l'accueil des réfugiés aux pays situés aux frontières sud et est de l'Europe».

D'après Cyrielle Huguenot, coordinatrice pour les questions migratoires à la Section suisse d'Amnesty International, Berne doit s'engager davantage et cofinancer les opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée. (ats)

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