Genève: «Les régies doivent faire plus pour la vie nocturne»
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Genève«Les régies doivent faire plus pour la vie nocturne»

Échaudés par la fermeture récente de la SIP, les pros du milieu de la nuit s'émeuvent de la diminution des cafés et clubs en ville.

par
Raphaël Leroy
La SIP s'est vue offrir un bail de cinq ans seulement ne permettant pas un retour sur investissement.

La SIP s'est vue offrir un bail de cinq ans seulement ne permettant pas un retour sur investissement.

Si ce n'est pas le désert, cela y ressemble de plus en plus. Inquiète de la raréfaction des établissements nocturnes en ville, Marie-Avril Berthet, cheffe de file des professionnels de la nuit, tire la sonnette d'alarme. Fermeture de la SIP faute d'un contrat de longue durée, cafés peu insonorisés: elle estime que les régies ne jouent pas leur rôle.

«Les grandes absentes du débat»

«Il faut qu'elles prennent leurs responsabilités en matière d'octroi de baux et de travaux d'entretien, affirme la diette professionnelle. Les régies sont les grandes absentes du débat nocturne. Elles doivent faire plus.»

Un avis partagé par le chef de la culture en Ville, Sami Kanaan. «Beaucoup d'acteurs croient qu'ils ne sont pas concernés par le monde de la nuit. Les régies en sont le meilleur exemple. Or, les contrats de bail influencent les activités nocturnes, de même que la pose ou non d'un double-vitrage dans un bar.»

«Nous n'avons jamais été invités

La section genevoise de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI) réfute les accusations. «L'intérêt de nos membres va dans le sens d'une vie plus harmonieuse en ville, mais nous n'avons jamais été invités au débat, déplore son secrétaire général Andreas Fabjan. Nous pourrions pourtant être très utile pour trouver des solutions, comme des insonorisations ou le lieu d'implantation des futurs établissements. Les nombreux immeubles hébergeant des bureaux pourraient être privilégiés pour accueillir des bars.»

Etat, Ville et pros de la nuit se réuniront en juin pour évoquer ces problèmes. «Le but à terme serait de créer un conseil consultatif de la nuit qui réunirait tous les acteurs concernés, dont les régies», précise Sami Kanaan.

La preuve par le terrain

La Ville de Genève veut faire évoluer les mentalités sur la vie nocturne. Elle organise donc une virée sur dix itinéraires du Grand Genève dans la nuit du 23 au 24 mai. Élus, artistes, riverains mécontents, chercheurs ou fonctionnaires: une centaine de personnes a été invitée à participer à une aventure qui a déjà fait ses preuves de Paris à Cracovie en passant par Porto. Les participants dresseront un état des lieux qui aboutira à plusieurs propositions.

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