Actualisé 04.03.2019 à 22:52

GenèveLes régularisations pourront continuer

Plus de 1800 sans-papiers ont pu se régulariser au bout du lac avec l'opération Papyrus. Ils pourront encore le faire sous certaines conditions.

von
Léonard Boissonnas
Papyrus a permis aussi de lutter contre le travail au noir dans certains secteurs comme l'économie domestique, l'hôtellerie-restauration ou le bâtiment. (Photo: séance d'information au Palladium en février 2017)

Papyrus a permis aussi de lutter contre le travail au noir dans certains secteurs comme l'économie domestique, l'hôtellerie-restauration ou le bâtiment. (Photo: séance d'information au Palladium en février 2017)

Keystone/Salvatore di Nolfi

Le projet pilote s'est terminé le 31 décembre, mais les clandestins pourront encore obtenir un permis B selon des critères quasi identiques. Pour un temps du moins.

Lancée en février 2017, l'opération Papyrus avait pour but de mettre fin à une «hypocrisie» en régularisant les étrangers sans-papiers qui travaillent à Genève sous certaines conditions: 5 ans de séjour pour les familles et 10 ans pour les célibataires, connaissances de base de la langue, ou indépendance financière.

Pas d'appel d'air

En près de deux ans, 1846 personnes ont pu se régulariser, dont 365 familles. Quelque 1750 dossiers sont encore en cours d'examen. Au final, «on peut estimer entre 2500 et 3500 personnes qui seront régularisées», a indiqué lundi le conseiller d'État Mauro Poggia, chargé de l'emploi et de la santé, lors d'un point de situation.

Aucun appel d'air n'a été constaté et les refus de dossier ont été peu nombreux, preuve de la collaboration avec les associations d'aide aux sans-papiers (qui établissent les demandes de régularisation), ont annoncé les autorités. De plus, les régularisations permettront de mieux cerner le secteur de l'économie domestique, qui concerne la grande majorité des clandestins. «C'est un bilan qui demeure positif car il faut une certaine prudence, tous les dossiers n'ayant pas encore été traités, a poursuivi Mauro Poggia. Et les effets nécessitent du recul.»

Bilan définitif à l'automne

Un bilan définitif du dispositif sera fait à l'automne grâce à un rapport d'évaluation externe, sur lequel le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) devra statuer.

D'ici là, et sous réserve de volte-face du SEM, les clandestins qui répondent aux critères pourront déposer leur dossier. Seuls deux points ont été revus: chaque membre d'une famille (et non un seul pour tous) devra prouver sa présence en Suisse depuis 5 ans; les connaissances en français devront faire l'objet d'une attestation. Ensuite, Berne décidera si tous ces critères deviennent définitifs.

Un «changement fondamental»

Le Centre social protestant (CSP) de Genève, qui a participé à l'opération, se félicite d'un «changement fondamental» qui établit des conditions «claires», comme l'explique Rémy Kammermann, juriste au CSP en charge de Papyrus: «Dans l'ensemble, nous sommes très satisfaits, c'est un changement radical par rapport à la situation antérieure, se réjouit-il. Auparavant, c'était au coup par coup. Par exemple, je ne déposais que rarement de dossier de célibataire, car je n'ai eu que des réponses négatives. Les critères existaient, mais ils étaient très flous. Papyrus a permis de les objectiver. J'espère désormais qu'ils vont perdurer.»

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