Diplomatie: Les relations sont au plus mal avec Israël
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DiplomatieLes relations sont au plus mal avec Israël

Le torchon brûle encore entre la Suisse et Israël.

Ilan Elgar, l'ambassadeur d'Israël en Suisse, a comparé la rencontre entre le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avec la politique d'apaisement pratiquée à l'égard d'Hitler. Les relations entre Israël et la Suisse n'ont jamais été aussi mauvaises, selon Ilan Elgar.

Comme dans les années 1930, avec la politique d'«appeasement» qui a sacrifié la Tchécoslovaquie au nom de la paix, il n'est aujourd'hui pas possible de modérer un gouvernement dangereux avec des concessions, déclare l'ambassadeur israélien dans un entretien paru dans la «NZZ am Sonntag». Cela n'est pas plus possible avec Ahmadinejad qu'avec Hitler.

La vive réaction israélienne qui a suivi la rencontre entre le président de la Confédération et le président iranien est aussi due au fait qu'elle a eu lieu la veille de la Journée de commémoration annuelle de l'Holocauste. «Ce qui a été dit au président iranien ne joue aucun rôle. La rencontre à un tel niveau, les images qui ont été prises, étaient pour nous de mauvais signaux», a souligné Ilan Elgar. Pour ce dernier, l'entourage de Mahmoud Ahmadinejad a dû se tordre de rire en prenant connaissance des critiques faites à la Suisse. L'ambassadeur relève qu'à l'exception de conseillers fédéraux, d'abord Micheline Calmy-Rey, puis Hans-Rudolf Merz, aucun autre dirigeant occidental de haut rang n'a rencontré Mahmoud Ahmadinejad.

Selon Ilan Elgar, les relations entre Israël et la Suisse n'ont malheureusement jamais été aussi mauvaises qu'actuellement. Avant le cas helvétique, Israël n'avait qu'une seule fois rappelé un ambassadeur installé dans un pays européen. C'était en 1986, lorsque Kurt Waldheim fut élu à la présidence autrichienne malgré un passé d'officier dans l'armée nazie.

Contrat gazier

Hans-Rudolf Merz a rencontré Mahmoud Ahmadinejad le 19 avril à Genève, en marge de la conférence de l'ONU sur le racisme. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a rappelé que l'entretien s'inscrivait aussi en rapport avec le mandat de protection des intérêts des Etats-Unis exercé par la Suisse en Iran. La situation des droits de l'Homme en Iran a été critiquée et les propos remettant en cause l'Holocauste et le droit à l'existence d'Israël clairement condamnés.

En mars 2008, la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey avait rencontré Mahmoud Ahmadinejad à Téhéran dans le cadre de la signature d'un important contrat d'approvisionnement en gaz naturel conclu par une entreprise suisse avec l'Iran. Le contrat avait notamment été critiqué par les Etats-Unis et le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder. En mai 2008, aucun conseiller fédéral n'avait été invité aux festivités marquant le 60ème anniversaire de l'Etat d'Israël. (ap)

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