Alitalia: Les repreneurs jettent l'éponge, la faillite semble inéluctable
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AlitaliaLes repreneurs jettent l'éponge, la faillite semble inéluctable

Les repreneurs d'Alitalia ont jeté l'éponge vendredi face à un nouveau blocage de plusieurs syndicats.

Un retrait qui, sauf rebondissement, devrait entraîner la faillite de la compagnie que Silvio Berlusconi s'était personnellement engagé à sauver.

Le conseil d'administration de la Cai, réuni à Rome, a décidé de ne pas présenter d'offre définitive de rachat, ont indiqué les agences d'information Ansa et Radiocor, citant des sources proches de la Cai. La société devait le faire avant vendredi minuit locale en raison de l'expiration de son offre préliminaire.

Selon ces sources, la Cai, qui doit diffuser un communiqué officiel, explique sa décision par le rejet de l'accord sur les contrats de travail et les critères de sélection du personnel par les syndicats de pilotes et de personnel navigant. Aucun porte- parole de la Cai n'était immédiatement joignable pour confirmer ces informations.

Caisses vides

Si le retrait de la Cai est confirmé, Alitalia, détenue à 49,9% par l'Etat italien et placée fin août sous administration extraordinaire, serait inéluctablement contrainte à la faillite, n'ayant dans ses caisses que de quoi survivre jusqu'à fin novembre.

Les tractations autour de la reprise d'Alitalia par la Cai ont connu de nombreux rebondissements depuis que Silvio Berlusconi s'est engagé il y a plusieurs mois à trouver une solution italienne après avoir contribué à torpiller l'offre de rachat d'Air France- KLM.

Le feuilleton Alitalia a notamment été marqué par un premier retrait en septembre de l'offre préliminaire de la Cai face à l'opposition de certains syndicats à son plan de reprise qui prévoit 3250 suppressions de postes et une fusion avec Air One. Les représentants du personnel ont toutefois fini par l'approuver, à la suite d'une médiation du gouvernement.

Mais le gotha du patronat italien, réuni dans la Cai, conditionnait la présentation de son offre de rachat définitive à la signature d'un accord final sur les contrats et la sélection du personnel à réembaucher.

Or, les syndicats de pilotes et de personnel navigant ont refusé de signer vendredi le document préliminaire réglant ces questions proposé par le bras droit de Silvio Berlusconi, Gianni Letta, et dans lequel il se portait garant en cas de réclamation des syndicats dans une négociation future avec la Cai.

Les quatre confédérations syndicales, CGIL, UIL, CISL et UGL l'ont en revanche paraphé. Elles sont majoritaires mais la Cai a toujours exigé l'accord des neuf syndicats d'Alitalia pour aller de l'avant. M. Letta avait tenté une dernière fois vendredi de débloquer la situation alors que la Cai avait quitté la table des négociations dans la nuit de mercredi à jeudi.

«Le 31 octobre est la dernière échéance pour la survie d'Alitalia. A minuit, il n'y a plus d'Alitalia sans acceptation de l'offre de la Cai. Nous sommes au bord du gouffre», avait déclaré M. Letta, au cours de sa rencontre avec les syndicats et la Cai au siège du gouvernement.

Les avions d'Alitalia pourraient être cloués au sol d'ici une ou deux semaines, a rappelé le président de l'autorité de l'aviation civile Vito Reggio.

Le retrait de la Cai est «une mauvaise nouvelle qui découle de l'attitude irresponsable de syndicats qui ont cru qu'une autre solution était possible», a déclaré le ministre du Développement économique, Claudio Scajola, premier membre du gouvernement à réagir, tout en disant attendre le communiqué officiel.

(ats)

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