26.09.2018 à 00:15

Etats-Unis

Les républicains accélèrent la cadence pour Kavanaugh

Les républicains ont fixé à vendredi le vote en commission du juge Kavanaugh, le lendemain de l'audition de son accusatrice.

Le candidat de Donald Trump, Brett Kavanaugh, sera auditionné dès vendredi matin en commission par le parti républicain.

Le candidat de Donald Trump, Brett Kavanaugh, sera auditionné dès vendredi matin en commission par le parti républicain.

AFP

Les républicains ont affiché mardi leur empressement à confirmer le candidat de Donald Trump à la Cour suprême. Ils ont fixé un premier vote en commission dès vendredi, à partir de 09h30, soit le lendemain de l'audition d'une femme qui l'accuse d'agression sexuelle.

Le Sénat devra ensuite, à une date restant à fixer, voter en séance plénière pour confirmer, ou non, le juge Kavanaugh. Brett Kavanaugh, 53 ans, et l'universitaire Christine Blasey Ford, 51 ans, témoigneront tous les deux sous serment jeudi devant la commission judiciaire du Sénat, chargée d'évaluer les candidats à la Cour suprême.

La chercheuse en psychologie accuse le magistrat conservateur de l'avoir agressée sexuellement lors d'une soirée alcoolisée au début des années 80, quand ils étaient tous les deux lycéens. Brett Kavanaugh nie fermement.

Les républicains, qui comptent uniquement des hommes au sein de la commission sénatoriale, ont décidé mardi de déléguer l'interrogatoire de Mme Blasey Ford à une procureure spécialisée dans les affaires de violences sexuelles. Il s'agit selon eux de «dépolitiser» l'audition afin d'éviter un nouveau «cirque politique et médiatique».

«Leur seul but est de trouver un paravent pour ne pas assumer leurs responsabilités» face à cette épreuve difficile, a toutefois critiqué Michael Bromwich, l'un des avocats de Mme Blasey Ford. Depuis l'éclosion du mouvement #MeToo il y a un an, les Américains sont attentifs à la manière dont sont traitées les femmes se disant victimes de violences sexuelles. Malmener Mme Blasey Ford pourrait coûter cher aux sénateurs en termes d'image, à quelques semaines d'élections législatives à risque.

«Scandaleux»

«Que les républicains prévoient un vote dès aujourd'hui (...), deux jours avant que Mme Blasey Ford ait pu témoigner, est scandaleux», a tempêté la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, numéro deux de la commission judiciaire. «Il me semble évident que les républicains ne veulent pas d'une procédure juste».

Donald Trump a de son côté dénoncé le témoignage d'une seconde accusatrice de Brett Kavanaugh, jugeant que cette femme, sortie de l'ombre dimanche, n'avait «rien» pour étayer ses propos. Deborah Ramirez, 53 ans, assure que Brett Kavanaugh a, lors d'une soirée arrosée à l'université de Yale dans les années 1980, sorti son sexe devant elle, si près qu'elle avait dû le toucher pour le repousser.

«Elle admet qu'elle était saoule, totalement confuse», «elle admet des trous de mémoire», a énuméré M. Trump pour minimiser la portée de ses accusations, qualifiées de «calomnies» par le juge Kavanaugh. Rejeter la candidature du magistrat «à cause de ça» serait «une terrible insulte à notre pays», a ajouté le milliardaire républicain, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York. «On ne peut pas l'autoriser».

La Maison Blanche s'est dite «ouverte» à laisser Mme Ramirez témoigner à son tour, «et cela pourrait avoir lieu jeudi», d'après sa porte-parole. L'intéressée n'a pas fait connaître ses intentions. Mais la liste des accusatrices pourrait encore s'allonger. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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