Etats-Unis: Les républicains souffrent d'«amnésie»

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Etats-UnisLes républicains souffrent d'«amnésie»

Barack Obama a accusé les républicains d'«amnésie collective». Il a défendu son message économique en entamant mercredi une tournée de trois jours dans des Etats importants pour sa réélection.

Barack Obama a accusé les Républicains de souffrir d'"amnésie collective".

Barack Obama a accusé les Républicains de souffrir d'"amnésie collective".

«Notre économie est de plus en plus solide, et nous avons trop progressé pour faire demi-tour aujourd'hui», a affirmé M. Obama, reprenant les propos de son discours sur l'état de l'Union la veille. Il s'exprimait devant plusieurs centaines de personnes dans une usine d'équipements lourds pour le secteur agro-alimentaire à Cedar Rapids, dans l'est de l'Iowa, au centre des Etats-Unis.

Mais, en égratignant ses adversaires républicains, il a affirmé qu'»après tout ce qui s'est produit, il y a des gens à Washington qui souffrent d'amnésie collective. Ils veulent revenir aux mêmes politiques que celles qui nous ont plongé» dans la crise de 2008.

«Leur philosophie est simple: nous nous en sortons mieux quand chacun doit se débrouiller tout seul, et respecter ses propres règles. Eh bien, je suis ici pour dire qu'ils ont tort», a lancé M. Obama, salué par des applaudissements.

M. Obama a réitéré son appel à suivre la «règle Buffett», soutenue par le multimilliardaire Warren Buffett: «si vous gagnez plus d'un million de dollars par an, votre taux d'imposition devrait être d'au moins 30%», a-t-il dit.

Le président, qui doit dormir mercredi soir à Las Vegas au Nevada, parcourra jeudi cet Etat durement touché par la crise, avant de se rendre à Denver au Colorado et de conclure vendredi sa tournée au Michigan, dans le nord, berceau du secteur automobile américain que M. Obama se targue d'avoir contribué à sauver.

McCain au secours de Romney

Le sénateur américain John McCain est venu à la rescousse du prétendant républicain à la Maison Blanche Mitt Romney, en difficulté dans les sondages mercredi, en attaquant le bilan au Congrès de son principal rival, Newt Gingrich.

M. McCain, candidat malheureux à la présidentielle de 2008, s'en est pris à M. Gingrich pour avoir laissé se développer, lorsqu'il était président de la Chambre des représentants dans les années 1990, la propension à faire voter des subventions («earmarks») à des projets locaux en échange de soutien à des textes de loi.

«J'étais là, j'ai vu les »earmarks« exploser, j'ai vu la corruption qui en découlait et j'ai vu l'incroyable perte d'argent des contribuables», a dit John McCain mercredi lors d'une conférence de presse téléphonique.

Pratique généralisée

«Ce genre de chose s'est généralisé de façon spectaculaire sous Newt Gingrich avec un programme organisé quant à la distribution de ces projets», a ajouté le sénateur McCain.

M. McCain a également critiqué Newt Gingrich pour avoir perçu une rémunération de la part du géant du financement immobilier Freddie Mac à l'origine de la crise de 2007-2008, en tant qu'historien. «Je suis impressionné qu'un historien puisse être payé par Freddie Mac quelque 25'000 dollars par mois», a-t-il dit.

John McCain a annoncé début janvier son soutien à Mitt Romney pour l'investiture républicaine à la Maison Blanche, en vue de l'élection présidentielle du 6 novembre.

M. Gingrich, qui a pris récemment l'ascendant dans les sondages devant Mitt Romney, a été mis en cause durant la campagne pour avoir touché 1,6 million de dollars de Freddie Mac. Il assure qu'il n'a fait que facturer «des conseils stratégiques» à l'entreprise et a publié lundi son contrat passé avec le géant des prêts immobiliers. (ats)

En Floride, le républicain Gingrich lance l'idée «d'un printemps cubain»

Newt Gingrich, en campagne en Floride pour l'investiture républicaine en vue de la présidentielle, a lancé l'idée mercredi à Miami, capitale américaine de l'exil cubain, «d'un printemps cubain» afin de mettre fin au régime communiste de l'île des Caraïbes.

«Je ne crois pas qu'il y ait une seule personne à la Maison Blanche à avoir eu l'idée de regarder vers le sud pour proposer l'idée d'un printemps cubain», a déclaré l'ancien président de la Chambre des représentants lors d'un discours à l'université internationale de Floride.

Le candidat âgé de 68 ans, vainqueur de la dernière primaire en Caroline du sud (sud-est), s'est élevé contre la politique d'assouplissement envers Cuba du président Barack Obama.

Ce dernier «a fait exactement le contraire de ce que j'aurais fait», a-t-il lancé faisant référence à la levée des restrictions de voyage à Cuba pour les ressortissants américains et du blocus de médicaments et de nourriture imposé depuis 2004 par le président de l'époque George W. Bush.

Newt Gingrich a répété son intention d'utiliser «tout moyen non militaire» pour déloger le régime communiste. «Plus de 50 ans de dictature, c'est plus qu'assez! Je veux dire à la jeune génération de cubains qu'il n'y aura pas de successeur à Castro», a-t-il encore lancé.

Un sondage Univision, ABC News et Latino Decisions publié mercredi montre une nette préférence pour le modéré Mitt Romney sur Newt Gingrich (35 et 20% des intentions de vote respectivement) pour 500 Hispaniques enregistrés au parti républicain de Floride. La marge d'erreur est de plus ou moins 4,4 point.

Ce même sondage réalisé auprès de 500 électeurs hispaniques de tout le pays révèle que bien que l'enthousiasme de cette communauté envers Barack Obama est moindre que lors de son élection en 2008, ce dernier dispose toujours d'un large avantage sur ses adversaires républicains, avec 67% d'intentions de vote face à Mitt Romney (25%), si ce dernier était investi, et de 70% face à Newt Gingrich (22%).

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