Actualisé 02.07.2015 à 16:28

GenèveLes requérants acceptent de déménager

Une solution a été trouvée. Les migrants quittent la Maison des arts du Grütli ce jeudi pour la salle du Faubourg.

de
Marine Guillain/ats
Plusieurs personnes se sont mobilisées contre le transfert prévu de requérants d'asile du foyer des Tattes dans des abris PC.

Plusieurs personnes se sont mobilisées contre le transfert prévu de requérants d'asile du foyer des Tattes dans des abris PC.

«Le Grütli, ça ne peut plus durer!» Le Conseil administratif, représenté par la maire de Genève Esther Alder et le chargé de la culture et du sport Sami Kanaan, a sorti son «plan B», jeudi matin. Il s'agit de déplacer les requérants d'asile déboutés qui occupent la Maison des arts depuis deux semaines et demie à la salle du Faubourg, rue des Terreaux-du-Temple. Ceux-ci refusent de déménager dans des abris PC souterrains.

«Ce lieu ouvert 24h/24 est libre jusqu'à mi-août, car il n'y a pas de spectacles ni d'autres activités durant l'été», a expliqué Sami Kanaan. Au Grütli, les migrants ont l'obligation de quitter les lieux pour la journée. Le collectif de soutien a accepté la proposition dans l'après-midi. «Ce déménagement est nécessaire car nous prenons au sérieux les conditions de vie des requérants qui ont besoin d'un lieu où se reposer», a indiqué Pablo Cruchon de solidaritéS. Mais «il est aussi problématique, car ce n'est pas le rôle du collectif - aujourd'hui constitué en association - d'assumer les responsabilités de l'Etat: héberger des migrants dans des conditions dignes», a -t-il ajouté.

La trentaine de requérants quitteront le centre culturel dans la journée. «Tout est prêt pour les accueillir là-bas et ils seront gagnants», a affirmé Sami Kanaan. Leur nouvel hébergement provisoire est prévu jusqu'au 15 août. «D'ici là, on demande que le Conseil d'Etat s'engage formellement à proposer des réponses concrètes et durables. Outre une maison inoccupée à Meyrin, nous avons de nouvelles idées de terrains ou bâtiments vides qui pourraient convenir», a noté Pablo Cruchon. La Ville réclame également des solutions durables de la part du canton. «Il est surprenant que le Conseil d'Etat n'ait toujours pas répondu formellement à nos demandes», a indiqué Sami Kanaan. Il a à nouveau déploré le manque d'anticipation de l'Etat de Genève quant à la prise en charge des migrants.

Un projet de convention concernant la gestion du lieu a été soumis au collectif de soutien. Il prévoit notamment l'accompagnement d'un travailleur social en journée et d'un Securitas la nuit, comme c'est déjà le cas au Grütli. Les défenseurs des migrants pourront par ailleurs poursuivre leur mobilisation: la Ville met un espace à leur disposition sur la plaine de Plainpalais.

Des garanties impossibles à tenir

Le «plan B» a été mis sur pied suite à l'échec des discussions avec l'Eglise catholique quant à la mise à disposition d'une salle à l'Eglise du Sacré-Coeur, à côté du Grütli. L'Eglise catholique était d'accord d'entrer en matière pour héberger temporairement les occupants du Grütli, mais les deux conseils de paroisse réunis mercredi ont émis une réserve.

«Il nous fallait des garanties, assurant que nous serions dédommagés en cas d'éventuels dégâts ou de poursuites judiciaires, a expliqué Monseigneur Farine, évêque auxiliaire tout juste retraité du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Notre intervention est une béquille. On n'est plus au Moyen Age où l'Eglise se chargeait de tout». «La paroisse voulait une garantie totale sur tous les problèmes imaginables, et nous ne pouvions pas lui offrir», a ajouté Esther Alder.

Le 15 juin, plusieurs requérants soutenus par les militants de SolidaritéS et du collectif Stop bunkers avaient manifesté au foyer des Tattes. L'Hospice général avait décidé de faire déménager dans des abris PC en sous-sol des pensionnaires masculins et célibataires, dans le but de dégager de la place à Vernier pour accueillir des familles. Les requérants d'asile avaient trouvé refuge le soir-même à la Maison des arts du Grütli.

La Ville avait ensuite proposé de déplacer les migrants dans un Espace quartier au Seujet, puis dans des locaux municipaux. Les requérants avaient refusé la première solution, l'Hospice général la seconde.

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