Suisse: Les requérants, une main d'oeuvre sous-estimée
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SuisseLes requérants, une main d'oeuvre sous-estimée

Plus de la moitié des réfugiés ont plusieurs années d'expérience professionnelle. Un potentiel dont on ne profite pas assez, estime Berne.

par
ofu/ats

«L'accès au marché du travail doit être facilité pour les personnes qui sont en Suisse depuis peu de temps.» Patrick Maier, chef de Manpower Suisse, une firme américaine spécialisée dans le secteur du recrutement, s'engage pour une meilleure intégration des réfugiés dans le monde professionnel. Selon des chiffres du Secrétariat d'Etat aux migrations, que la «Schweiz am Sonntag» a pu se procurer, les requérants qui arrivent en Suisse disposent bel et bien du potentiel nécessaire pour atténuer le manque de main d'oeuvre qui touche certains secteurs.

Parmi les 423 personnes interrogées, 7% possèdent un titre universitaire et 2% ont étudié dans un école technique. Un sondé sur dix a soit fréquenté le gymnase, soit suivi un apprentissage professionnel. L'enquête s'inscrit dans un projet-pilote qui a notamment pour but d'aider les réfugiés à faire reconnaître leur diplôme en Suisse.

Une meilleure intégration des ces personnes permettrait non seulement de combler le manque de main d'oeuvre, mais également de soulager l'aide sociale dont bénéficient plus de 80% des requérants d'asile, selon l'Office fédéral de la statistique. Actuellement, les réfugiés n'ont pas le droit de travailler dans les trois mois qui suivent le dépôt de leur demande d'asile.

Pays très accueillant

L'an dernier, la Suisse a accordé sa protection à 71% des requérants d'asile, soit 15 500 personnes. Un chiffre très élevé comparé à la moyenne européenne, selon des données de l'Office européen de statistiques Eurostat. Reste que près de deux tiers de ces cas se rapportent à une protection temporaire, Berne n'ayant pas reconnu de motifs d'asile valable, écrivait hier la «NZZ am Sonntag».

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