23.09.2020 à 10:28

PandémieLes réservations au resto ont repris plus vite en Suisse

Au sortir du confinement, les Suisses ont rapidement repris le chemin des restaurants. Plus vite qu’en France et en Italie.

Les Suisses n’ont pas hésité à retourner au restaurant.

Les Suisses n’ont pas hésité à retourner au restaurant.

Keystone

Les réservations dans les restaurants en Suisse ont renoué rapidement avec la croissance après leur réouverture en mai sur la plateforme en ligne TheFork. Dans un contexte marqué par la pandémie de coronavirus, les Suisses ont retrouvé leurs tables préférées plus rapidement que les Français ou Italiens.

«Moins d’un mois après la réouverture des établissements, nous avions une croissance annuelle des réservations à un chiffre et elle est maintenant à deux chiffres», confie à AWP Remy Bitoun, le directeur suisse de TheFork, tout en soulignant que la Suisse est un des pays les plus «résilients» parmi les 22 marchés où la société est active. «La Suisse repart plus vite et plus fort.»

Mieux que la France et l’Italie

Le responsable attribue notamment cette performance helvétique à une reprise des activités dans le secteur de la restauration intervenue plus tôt qu’en France ou en Italie, à un élargissement des terrasses, mais aussi aux mesures incitatives des cantons à passer les vacances estivales dans le pays.

La société collaborant avec près de 1600 établissements, basés en grande majorité en Romandie, a en outre observé des disparités régionales. Les régions de montagne (+54,5%), Vevey (+30%), Fribourg (+36%) se sont démarquées tandis que les grandes villes Genève (+4%) et Lausanne (stable) ont eu plus de peine, selon les chiffres de TheFork recueillis entre début juillet et fin août.Il y a à peu près la même tendance en Suisse alémanique, relève le patron.

Restaurants plus chers

Alors qu’au début du déconfinement, les gens réservaient dans des restaurants plus chers que d’habitude, le ticket moyen par personne est revenu au niveau d’avant le semi-confinement ces derniers mois. «Les gens avaient envie de se faire plaisir après le déconfinement et retrouver les joies d’une sortie au restaurant. Par ailleurs, les clients avaient plus de confiance dans les restaurants plus chers, synonyme de qualité, pour appliquer correctement les mesures sanitaires imposées lors de la réouverture», explique M. Bitoun.

«Environ 36% des réservations sur TheFork se font pour une table coûtant entre 34 et 44 francs par personne et 32% varient entre 45 et 55 francs», relève le dirigeant, tout en ajoutant que 20% des clients optent pour un ticket moyen au-dessus de 55 francs.

Expansion en Suisse alémanique

Connue surtout en Romandie pour le moment, TheFork compte d’ici la fin de l’année augmenter sa visibilité en Suisse alémanique, ayant racheté en décembre 2019 les activités outre-Sarine de son concurrent Bookatable. «Nous sommes en train de proposer à tous les restaurateurs qui travaillent avec le logiciel Bookatable de migrer sur notre plateforme. Progressivement Bookatable passera sous la marque TheFork», souligne Remy Bitoun.

«On commence à recruter dans cette région et à terme nous visons une dizaine de postes», indique-t-il tout relevant que la Suisse alémanique est abordée comme un nouveau marché, les cultures étant différentes de part et d’autre de la Sarine.

Situation critique

L’entreprise, qui propose également des logiciels de réservation de tables aux restaurateurs, attire notamment ses clients avec des promotions allant parfois jusqu’à 50% des prix de repas.

Malgré ces hausses de réservations observées par TheFork, la situation reste critique pour bon nombre de restaurants suisses en raison de la pandémie de coronavirus. Au mois de juillet, l’ensemble du secteur de l’hôtellerie-restauration a enregistré un recul moyen du chiffre d’affaires entre 31,8% et 66,5% en comparaison annuelle. Plus de la moitié des établissements dépend toujours du chômage partiel, selon l’association Gastrosuisse.

(ATS/NXP)

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